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  • 06 juillet 2018 - 09:39
  • Joël Burri 8624 signes
Economie

Pétition contre l’huile de palme: un distributeur prend des engagements

Une culture intensive de palme en Indonésie visitée par un envoyé de Pain pour le prochain en 2013. ©Pain pour le prochain via https://flic.kr/p/R6Ga1ZDans le domaine alimentaire, les marques Coop remplaceront l’huile de palme par d’autres matières grasses lorsque cela est possible et se fourniront auprès de filières appliquant des standards plus élevés lorsqu’une substitution n’est pas envisageable.

Photo: Une culture intensive de palme en Indonésie visitée par un envoyé de Pain pour le prochain en 2013. ©Pain pour le prochain 

Par Joël Burri

La culture de la palme pose de graves problèmes écologiques et sociaux. Les œuvres Pain pour le prochain et Action de carême en on fait l’un de leurs combats avec le soutien de l’organisation écologiste Pro Natura. Accaparement des terres par de grandes entreprises au détriment des populations locales, déforestations, diminution de la diversité écologique, détournement des eaux potables: la liste des conséquences de la monoculture de la palme est longue. En septembre 2017, Pain pour le prochain et Action de carême ont lancé une pétition demandant que les distributeurs suisses renoncent à cette matière grasse polyvalente et bon marché. Jeudi 5 juillet, les organisations ont annoncé que Coop s’était engagée pour une diminution. «Une victoire d’étape», selon les œuvres qui rappellent que sur le terrain politique aussi, se mène un combat contre l’huile de palme.

12’500 personnes ont signé l’appel de l’an passé. «Coop a répondu à cette demande et a annoncé qu’elle remplacera l’huile de palme dans ses propres produits par d’autres huiles. Lorsque cela n’est pas possible, une chaîne d’approvisionnement de petits exploitants— produisant une huile de palme équitable et biologique— doit être mise en place, et seule cette huile doit être utilisée», annoncent Pain pour le prochain et Action de carême. Une information que confirme Andrea Bergmann, porte-parole de l’entreprise. «Une partie substantielle de nos propres marques d’aliments est convertie en huile de palme biologique. Le reste, une plus petite quantité, sera entièrement remplacé par d’autres huiles et graisses, mais seulement si cela est raisonnable et faisable. Si cela a meilleur goût, nous remplacerons également l’huile de palme par des alternatives locales telles que le beurre, par exemple, dans les pâtes à biscuits.»

Les premiers produits dont les recettes auront été adaptées seront disponibles sur les étals début 2019. «La mise en œuvre se fera étape par étape en étroite collaboration avec les usines de production et les fournisseurs de Coop et Bio suisse», prévient Andrea Bergmann. Ces mesures ne concerneront dans un premier temps que l’offre fabriquée par le distributeur et non les produits de marques également proposés par l’enseigne. Impossible de dire pour l’heure si ces changements auront un impact sur les prix. Mais Andrea Bergmann se veut rassurante: «L’huile de palme biologique répond à des exigences nettement plus élevées. Elle est par conséquent plus coûteuse. Cependant, comme la proportion d’huile de palme dans les produits est généralement très faible, ce prix supplémentaire n’aura qu’un effet mineur sur les prix des produits.»

Norme Bio suisse

«Il est important de noter que Coop a l’intention de s’appuyer sur les directives de Bio suisse, lesquelles sont actuellement complétées en ce qui concerne l’huile de palme. Celles-ci stipuleront que l’huile de palme proviendra de petites exploitations agricoles qui font la promotion de la biodiversité et qu’aucun accaparement de terre n’a eu lieu auparavant», se réjouissent également Pain pour le prochain, Action de Carême et Pro Natura dans leur communiqué. Les organisations concluent: «par sa décision, Coop se distancie de la controversée RSPO (Roundtable on Sustainable Palmoil – Table ronde pour une huile de palme durable).»

Andréa Bergmann rectifie: «Coop ne se démarque pas de la RSPO mais continuera à travailler pour que ce groupe de travail applique des exigences plus strictes. Cependant, nous avons dû réaliser que les problèmes de culture de l’huile de palme ne peuvent pas être résolus de manière satisfaisante pour nous. Par conséquent, nous allons maintenant plus loin et à l’avenir, nous allons compter sur l’huile de palme biologique issue de la production durable pour nos aliments conventionnels de marque propre.» La porte-parole complète: «dans le secteur non alimentaire, nous continuerons à dépendre de l’huile de palme certifiée RSPO, car il n’existe actuellement aucune alternative significative.»

Renoncer à la palme ne ferait que déplacer le problème

Aldi réaffirme sa confiance à la RSPO. «Étant membres de la RSPO, nous soutenons la culture de l’huile de palme certifiée dans les pays producteurs. Pour cette raison, nous sommes déjà passés en 2016 à l’huile de palme certifiée avec nos marques propres dans le domaine alimentaire et envisageons de faire de même avec nos produits non alimentaires d’ici fin 2018», explique la porte-parole Noémie Perrier, qui précise: «le groupe Aldi Süd s’engage au sein de la RSPO en tant que membre du groupe de travail en faveur des petits agriculteurs (Smallholders Working Group).»

Enfin, la représentante de l’entreprise rappelle que «Pour ce qui est des articles à faible quantité en huile de palme, nous sommes déjà passés aux huiles alternatives pour certains d’entre eux ces dernières années.» Mais globalement, le renoncement à l’huile de palme n’est pas envisagé: «L’étude allemande du WWF intitulée “Auf der Ölspur” (sur la voie de l’huile) a démontré que, malheureusement, passer complètement par exemple à l’huile de coco ne ferait que déplacer les problèmes des zones de production sur le long terme au lieu d’apporter une solution. Comme les propriétés positives et le bon rendement au m2 de l’huile de palme/de palmiste ne peuvent pas entièrement être remplacés par d’autres huiles, notre politique d’achat vise à assurer l’achat durable de l’huile de palme», explique Noémie Perrier.

Cette même étude est mentionnée par Lidl. «Lidl Suisse est en train d’examiner la substitution de l’huile de palme par d’autres huiles végétales. Pour certains corn-flakes de notre marque par exemple, nous avons réussi à remplacer l’huile de palme par de l’huile de tournesol ou de colza. Nous nous efforçons en permanence de trouver d’autres produits où il est possible de remplacer l’huile de palme. Mais nous restons convaincus qu’en raison de ses propriétés, l’huile de palme est difficile à remplacer par d’autres huiles végétales», explique Corina Milz, responsable communication de l’entreprise.

Vers l’adoption du POIG, plus sévère que la RSPO

Consciente des lacunes de la RSPO, Lidl n’envisage toutefois pas de recourir à d’autre organisme de certification. «Il est judicieux de trouver une solution sectorielle commune à la problématique de l’huile de palme», affirme Corina Milz. «Nous rejoignons ainsi l’avis de notre partenaire WWF Suisse, qui reconnaît la nécessité d’agir au niveau du RSPO et critique les lacunes existantes. Il continue néanmoins à miser sur un dialogue industriel dans le cadre d’une approche multilatérale— une solution sectorielle s’impose pour garantir un impact conséquent. Par ailleurs, le WWF Suisse considère toujours la RSPO comme la meilleure solution, en dépit de ses lacunes. Dans l’optique d’une refonte de la RSPO de l’intérieur, le WWF se met en contact avec d’autres parties prenantes innovantes au sein du Palm Oil Innovation Group (Groupe d'innovation sur l'huile de palme) POIG.»

C’est aussi via le POIG que Migros compte agir. «POIG exige des contrôles plus stricts et plus élaborés. En ce moment, nous inspectons nos producteurs et nos fournisseurs afin de déterminer lesquels peuvent être envisagés pour une transition vers ces standards», rappelle Lisa Asticher, porte-parole de l’entreprise. «Pour l’instant, il n’est pas possible de déterminer si les exigences de Bio Suisse sont équivalentes à celles de POIG, notamment en ce qui concerne les conditions de travail et la prise en compte des populations indigènes. Si c’est effectivement le cas, et uniquement dans ce cas-là, Migros pourra envisager la mise en place du label bio pour l’huile de palme», complète-t-elle.

Par ailleurs, Migros a déjà pris de nombreux engagements: «aujourd’hui déjà, Migros peut tracer l’huile de palme utilisée dans les aliments qu’elle produit jusqu’aux plantations. Ces plantations doivent par ailleurs se conformer à de nombreuses exigences sociales et écologiques et sont contrôlées par l’organisation indépendante “The Forest Trust”». Le remplacement de l’huile de palme est évalué au cas par cas. «L’huile de palme est toutefois cinq à dix fois plus productive que les autres huiles végétales et nécessite donc moins de surface pour les plantations. L’huile de palme est également la seule huile originaire des régions tropicales pour laquelle des standards de production ont été établis. Se tourner vers d’autres d’huiles aurait pour effet de détourner les problèmes environnementaux vers un autre type de plantation et ne représente donc pas une solution à long terme pour Migros. La seule solution durable est d’améliorer toujours plus les normes régissant la production de l’huile de palme», note Lisa Asticher.

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