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  • 12 juin 2018 - 08:00
  • Bobby Ross Jr., RNS/Protestinter 8035 signes
ProtestInter

La légalisation du cannabis divise les croyants de l’Oklahoma

Une plantation de marijuanaLes habitants de l’Oklahoma devront se prononcer le 26 juin prochain sur la légalisation de la marijuana thérapeutique. Une question qui divise cet état particulièrement religieux.

Photo: © RNS/AP Photo/Eric Gay

Par Bobby Ross Jr., Oklahoma City, RNS/Protestinter

Pour le ministre presbytérien Bobby Griffith, légaliser la marijuana médicale dans l’Oklahoma pourrait aider les personnes qui souffrent d’arthrite ou de douleurs chroniques ainsi que les anciens combattants victimes de stress post-traumatique. Ce mari et père de 41 ans a une autre raison de soutenir l’initiative pro-marijuana qui sera votée le 26 juin, dans l’Oklahoma. «Je serais personnellement intéressé par une prescription pour voir si cela fonctionne mieux que mes médicaments contre l’anxiété et la dépression», explique ce pasteur d’une Église presbytérienne près du centre-ville d’Oklahoma City et également membre du groupe national «Clergy for a new drug policy» (le clergé pour une nouvelle politique sur les médicaments).

Les sondages prévisionnels révèlent que cette votation qui vise à diminuer la dépendance aux analgésiques divise par rapport à des questions de morale. Les opposants religieux estiment que soutenir cette initiative serait immoral. Le sénateur James Lankford, un pasteur baptiste du Sud, démolit cette initiative qu’il considère comme «une façon de déguiser la marijuana récréative en marijuana médicale». «La question morale, pour moi, est vraiment au centre des familles», souligne James Lankford, qui a dirigé un camp pour la jeunesse baptiste avant son élection au Congrès en 2010.

«La meilleure chose à faire pour notre État est de ne pas inciter davantage les parents et les grands-parents à fumer du chanvre», estime le sénateur, qui a filmé une publicité exhortant les électeurs à rejeter l’objet de vote. «Rendre nos communautés encore plus dépendantes aux drogues n’aidera pas nos familles».

Adoptée dans une trentaine d’états

Environ 30 états ont adopté des lois sur la marijuana médicale, à commencer par la Californie en 1996. L’Oklahoma serait le premier état à le faire sans énumérer de conditions de prescription. Selon les opposants, cela permettrait aux médecins de délivrer aux patients des ordonnances pour de la marijuana, renouvelable pendant deux ans et pour quelque raison que ce soit. L’Association médicale de l’État d’Oklahoma mentionne un manque «d’études fondées sur des preuves» pour soutenir la marijuana médicale. «Cette initiative essaie de flouer les habitants de l’Oklahoma», s’insurge le révérend Paul Abner, un pasteur de l’Assemblée de Dieu qui dirige une coalition anti-marijuana appelée «Oklahoma faith leaders» (les responsables de la foi dans l’Oklahoma).

D’un autre côté, le groupe «Oklahomans for health» (les habitants d’Oklahoma pour la santé) affirme que tous les patients et leurs médecins «devraient avoir la liberté de considérer toutes les options de soins médicaux disponibles». Alors que ce groupe ne se base pas sur un message ouvertement religieux, les arguments qui reposent sur la foi sont les plus importants dans un état où trois résidents sur quatre se décrivent comme «modérément religieux» ou «très religieux», selon un sondage de Gallup.

Le vote aura lieu le même jour que les élections primaires pour le poste de gouverneur et d’autres postes fédéraux. Il est le résultat d’une pétition signée par près de 68’000 citoyens et présentée aux représentants de l’État il y a deux ans. Si cette initiative (dossier 788) est adoptée, Paul Abner avertit que l’Oklahoma pourrait suivre les neuf États qui ont autorisé l’usage récréatif de la marijuana.

Un pas vers la consommation récréative

«L’enjeu est que ce ne soit pas médical», affirme-t-il. «Quelque chose se cache derrière cette terminologie pour apporter de la marijuana récréative dans l’Oklahoma. Et d’un point de vue spirituel, aucun d’entre nous ne peut soutenir que les esprits et les corps sains que Dieu désire puissent être préservés lorsque nous sommes sous l’emprise de marijuana.»

Parmi les autres opposants religieux figurent les hauts responsables de la Convention générale baptiste de l’Oklahoma, qui représente environ 577’000 baptistes du Sud ainsi que la Conférence catholique de l’Oklahoma, la branche politique des diocèses catholiques de l’État qui comprend environ 288’000 paroissiens.

«J’espère que l’Oklahoma va rejeter la légalisation de la marijuana et continuer à mettre des barrières légales entre la dépendance et les communautés», insiste Russell Moore, président de la Commission d’éthique et de liberté religieuse de la Convention, dans le «Baptist Messenger», un journal de l’Oklahoma.

De son côté Jon Middendorf, pasteur dans la «Oklahoma City First Church of the Nazarene» affirme être favorable à «tout ce qui peut apporter du soulagement aux personnes qui souffrent de douleurs chroniques». «Je suis juste épuisé par les théories de conspiration qui semblent toujours émaner de la droite chrétienne», soupire Jon Middendorf, qui souligne qu’il parle personnellement et non pas au nom de sa congrégation. «Il se peut que quelqu’un qui souffre ait juste besoin de quelque chose qui n’a pas encore été essayé, qui offre de l’aide et améliore la qualité de vie.»

L’ancienne sénatrice de l’État, Connie Johnson, une démocrate candidate au poste de gouverneur soutient l’initiative pour la marijuana. Elle reconnaît qu’elle considère ce projet comme le premier pas vers l’approbation d’une utilisation récréative. La légalisation de l’usage de marijuana aiderait à réduire le taux d’incarcération en Oklahoma, l’un des plus élevés du pays, remarque Connie Johnson qui fait partie de la «Church of the Living God» à Oklahoma City.

«Laissez faire ces enfants, ne les empêchez pas de venir à moi», souffle Connie Johnson à RNS, citant les paroles de Jésus dans Matthieu 19,14. «La vie de nos enfants est tout simplement marquée par l’emprisonnement de leurs parents, les conduisant eux-mêmes sur une pente glissante vers l’emprisonnement», a-t-elle ajouté, soulignant les avantages économiques et sanitaires potentiels de la marijuana médicale.

Un état conservateur

Les habitants de l’Oklahoma se classent parmi les électeurs les plus conservateurs des États-Unis: lors des élections de 2016, le président Donald Trump a reçu 65% de soutien des citoyens de cet État. Une proportion encore plus élevée, 66%, a soutenu une mesure de en faveur de la peine de mort, lors de cette même élection. Plus récemment, la gouverneur Mary Fallin a signé un projet de loi permettant aux agences d’adoption privées de refuser les couples de même sexe et les parents qui ne respectent pas leurs critères religieux. Mais sur la question de la marijuana médicale, de récents sondages montrent que ce projet bénéficie du soutien de 57,5% des électeurs, rapporte Bill Shapard, PDG de SoonerPoll.com.

«Au cours des cinq dernières années, nous avons fait plusieurs sondages par rapport à cette question. Et nous continuons de voir que certains groupes, qui pourraient y être opposés continuent de le soutenir», constate Bill Shapard dans un communiqué. «Il y a trente ans, ces groupes s’y seraient opposés, mais à peu près la moitié ont changé d’avis.»

Bobby Griffith, dont la congrégation est affiliée à l’Église presbytérienne d’Amérique, affirme que certains de ses amis les plus conservateurs soutiennent également l’initiative. «Une personne particulièrement conservatrice que je connais, qui soutient fermement Donald Trump, veut la légalisation de la marijuana médicale», raconte-t-il. «Elle souffre de polyarthrite rhumatoïde et veut avoir quelque chose qui puisse l’aider sans la dépendance.»

Brett Farley, directeur de la Conférence catholique de l’Oklahoma, a reconnu que les adversaires de la marijuana médicale font face à des difficultés difficiles. «Les tendances nationales évoluent indéniablement vers la marijuana médicale et de plus en plus vers l’usage récréatif». L’Oklahoma, ajoute Brett Farley, est toujours enraciné dans l’éthique chrétienne traditionnelle, «mais les barrières sont en train de tomber rapidement».

 

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