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  • 07 mars 2016 - 08:15
  • Joël Burri et Emmanuelle Jacquat 3499 signes
Eglises

L'employeur Eglise, revoit son règlement

Synode EERV BelmontA la suite de plusieurs licenciements de ministre, la question de l’autorité dans l’Eglise réformée vaudoise est débattue au synode. Un long travail de négociation est nécessaire pour permettre aux défenseurs d’une Eglise qui ne se gère pas comme une entreprise de trouver un compromis avec les partisans d’un management rigoureux.

Par Joël Burri et Emmanuelle Jacquat

Qui peut licencier un pasteur et dans quelles conditions? Cette question gâche l’ambiance du synode (organe délibérant) de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) depuis une année. Une poignée de licenciements de ministres ont eu lieu ces dernières années et quatre cas sont aujourd’hui pendant devant la justice. Un groupe d’élus au synode, insatisfaits des fins de contrats déjà prononcées demande donc que le pouvoir du Conseil synodal (exécutif de l’Eglise) et de l’Office des ressources humaines (ORH) soit limité. En juin 2015, le synode avait décidé de mettre en place un groupe de travail appelé à proposer des modifications au Règlement ecclésial et en novembre, le Conseil synodal avait facilement résisté à une motion de défiance.

Ces vendredi 4 et samedi 5 mars, réuni à Belmont-sur-Lausanne, le synode a entamé la révision du Règlement ecclésiastique sur le base des propositions du groupe de travail et du Conseil synodal. «Il n’y a que peu d’années que l’EERV a cessé de n’être qu’une Eglise pour devenir également employeur», a souligné la déléguée Suzette Sandoz, rappelant qu’avant la nouvelle Constitution vaudoise, les membres du personnel de l’EERV étaient employés d’Etat. «On ne s’improvise pas employeur. Et il est normal que nous ayons à faire les quelques corrections rendues nécessaires par quelques années d’expérience.»

Mais en un jour et demi de séance, le Synode n’est pas parvenu à la fin de la première des trois lectures nécessaires à une modification réglementaire. Une séance de relevé aura lieu, probablement fin avril. Il faut dire que chaque article donne lieu à d’importantes discussions pour trouver un compromis capable de satisfaire à la fois les défenseurs d’une Eglise au management plus professionnel et ceux qui souhaitent qu’elles traitent avec plus de bienveillance ses employés.

La proposition présentée: la mise en place d’une commission de traitement des litiges semblait à certains n’être qu’une demi-mesure, puisque dans ce projet, le Conseil synodal reste l’autorité d’engagement et de licenciement. «Ce que nous vous proposons renforce les mesures qui viennent avant que l’on en arrive au licenciement», a défendu Xavier Paillard, président du Conseil synodal.

D’autres, à l’instar du pasteur Laurent Zumstein, ont plaidé pour le statu quo: «Comme au Salon de l’auto on nous propose une belle mécanique! Mais combien va-t-elle consommer? Combien de paperasse pour moins de 2% de situations à problème parmi les ministres?» Alors qu’à l’opposé un groupe défendait qu’une Eglise ne se gère pas comme une entreprise. «Alors que nous nous apprêtons à fêter les 500 ans de la réforme, ne faut-il pas se demander comment serait traité un Luther dans l’EERV?», a questionné le délégué laïc Jacques Ballenegger. «Une Eglise ne doit pas défendre ses propres intérêts, mais ceux de Jésus-Christ!»

 

Vers un journal réformé romand

Après le synode jurassien qui regroupe les paroisses réformées du Jura bernois et du canton du Jura, c’est le Synode de l’Eglise évangélique réformée du Canton de Vaud qui a dit oui à «Réformés», le projet de journal commun aux Eglises réformées romandes. Si le Consistoire de l’Eglise protestante de Genève et le Synode de l’Eglise réformée évangélique de Neuchâtel les imitent, «Bonne nouvelle», «La Vie protestante – Genève» et «La Vie protestante – Neuchâtel, Berne, Jura» disparaitront cet été pour laisser place au nouveau titre cet automne.

Bien que l’EERV soit la seule des quatre Eglises concernées à ne pas faire d’économie dans l’opération, samedi à Belmont-sur-Lausanne, c’est le titre jugé trop identitaire et la charte rédactionnelle manquant d’œcuménisme pour certains délégués qui ont nourri les débats. Les délégués ont, par contre, été rapidement convaincus que le passage d’un périodique de 28 pages à une formule de 40 pages justifiait le surcoût de 15’500 fr. par année.

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