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Enrico Norelli DREnrico Norelli, professeur d’histoire du christianisme à l’Université de Genève va prendre sa retraite. Mercredi et jeudi, un colloque sur les réécritures bibliques dans le christianisme primitif est organisé en son honneur. Interview.

Propos recueillis par Joël Burri

Quel est votre matériau de travail comme spécialiste de l’histoire et de la littérature des premiers chrétiens?

Dans les sources qui permettent de reconstituer l’histoire, il y a, toutes les formes d’expression des premiers groupes de chrétiens. La représentation traditionnelle est qu’il y a d’abord le Nouveau Testament, c’est-à-dire ce groupe d’écrits qui ont été réunis dans ce recueil devenu canonique pour les chrétiens; et que viennent ensuite d’autres textes, les écrits «patristiques». Aujourd’hui, la plupart des chercheurs reconnaissent qu’il ne faut pas se limiter aux textes reconnus comme canoniques, voire les privilégier, mais qu’il faut travailler tous les premiers écrits chrétiens pour reconstituer l’histoire des premiers croyants en Jésus. Il y avait aussi d’autres évangiles, lettres, actes d’apôtres et apocalypses qui ont fini par être écartés du corpus canonique. En partie, cette littérature a disparu, mais ce qui nous est parvenu est extrêmement important pour comprendre la diversité et la richesse du premier christianisme.

Papillon colloque Luther PhiloLa Faculté de théologie de Genève en collaboration avec l’Institut romand de systématique et d’éthique organise un colloque international sur le thème de «Luther et la philosophie» du 11 au 13 mai à Genève. Une manière de contribuer au jubilé de la Réforme sur un plan académique.

Par Caroline Amberger

Dans le cadre d’un colloque qui se déroulera du 11 au 13 mai à Genève, une quinzaine de spécialistes s’intéresseront à la relation critique et souvent polémique qu’a eue Luther avec la philosophie influençant à son tour une génération de philosophes après lui. En provenance des Etats-Unis, d’Allemagne, d’Angleterre, de Suisse ou de France, théologiens, philosophes et historiens auront une approche interdisciplinaire. Ils aborderont dans leurs spécificités l’influence qu’a eu la pensée du réformateur sur des philosophes comme Kant, Kierkegaard ou Heidegger. A l’inverse, ils vont aussi s’intéresser aux philosophes qui ont influencé Luther. Un héritage parfois récusé basé sur la philosophie de l’Antiquité, du Moyen Age ainsi que de l’époque contemporaine au réformateur.

AfficheCroireFaireCroireDes conflits religieux à la crise des idéologies contemporaines, en passant par les usages de la propagande, le Festival «Histoire et Cité» qui se tient à Genève du 30 mars au 1er avril accueille le grand public autour du thème «Croire, faire croire». Entretien avec son directeur Pierre Souyri, Professeur d’histoire du Japon à l’Université de Genève.

Propos recueillis par Guillaume Henchoz

Comment s’est imposé thème du festival, «Croire, faire croire»?

Lors de la première édition, nous avons fait la part belle à la Genève internationale avec le thème «Construire la paix». Pour cette session, nous voulions un sujet plus général qui mobilise une large palette de chercheurs aux horizons différents. Le thème peut renvoyer aux 500 ans de la Réforme, même si Genève est la Cité de Calvin plutôt que celle de Luther. Par un étrange concours de circonstances, l’équipe du festival a choisi de traiter ce sujet au moment où se déroulaient en France les attentats de novembre 2015. Le titre de notre prochain festival est alors entré en résonance avec l’actualité: Comment a-t-on pu faire croire à ces jeunes de qu’ils devaient s’engager pour le djihad en Syrie ou commettre ces attentats? Mais la notion de croyance ne s’inscrit pas seulement dans le champ religieux. Les idéologies, les théories complotistes, la publicité ou encore les «fake news» sont sur le devant de la scène médiatique et entretiennent un lien avec la croyance. Nous voulons que nos intervenants puissent réfléchir à tous ces aspects, ensemble, devant un large public.

lundi, 13 mars 2017 08:15

Ce que la Réforme apporta aux femmes

Inscription du nom de Marie DentièreEntre l’instruction pour tous, le défroquement des sœurs et la fin de la dévotion pour la vierge Marie, la Réforme protestante amène un mouvement d’ouverture envers les femmes. Toutefois, ce n’est qu’en 1929 que la première pasteure a été consacrée à Genève.

Photo: Inscription du nom de Marie Dentière sur le Mur des Réformateurs CC (by-sa) MHM55

Par Laurence Villoz

«La Réforme est, à priori, une histoire d’homme», lâche Lauriane Savoy, assistante-doctorante en théologie pratique à l’Université de Genève, lors d’une conférence publique au Musée international de la Réforme (MIR) sur «les femmes et la Réforme». Si le rôle de ces dernières à cette période est peu connu, la Réforme modifie la condition de la gent féminine au niveau de l’instruction, du mariage et du rapport à la Vierge, entre autres. Une percée à double tranchant. «Les réformateurs se sont presque tous mariés pour être des modèles d’intégration de la foi dans la société», souligne Lauriane Savoy. Clercs défroqués pour la plupart, ces théologiens ont souvent épousé des femmes qui avaient elles-mêmes quitté le couvent pour les retrouver. «A leurs côtés, l’épouse est une partenaire dans le monde. Notons toutefois l’ambivalence du mariage où la réclusion dans un couvent est parfois remplacée par celle du mari», ajoute la théologienne devant une salle comble du MIR, mercredi 8 mars.

Série «L’imprimerie et la Réforme»

Un atelier d'imprimeurs, gravure de Jost Amman, 1568, via https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Printer_in_1568-ce.pngJean Calvin n’a pas seulement permis un essor culturel à Genève, mais aussi le développement d’une industrie florissante: l’imprimerie.

Gravure: Jost Amman, 1568

Par Joël Burri

Au milieu du XVIe siècle, Neuchâtel, Lausanne ou Genève accueillent de nombreux imprimeurs acquis aux idées de la Réforme venus de France ou d’Italie. Genève en particulier acquiert en quelques années une renommée européenne et mondiale. Avant 1540, pas plus de cinq livres étaient publiés chaque année au bout du lac. En 1544, c’est 20 titres qui y ont été imprimés et en 1561 on atteint les 75.

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