×

Message

Failed loading XML...

Ghislain Waterlot ©UNIGEProfesseur de philosophie et d’éthique, Ghislain Waterlot est, depuis le 15 juillet, le nouveau doyen de la Faculté autonome de théologie protestante de l’Université de Genève. Interview

Photo:  ©Université de Genève

Propos recueillis par Joël Burri

Etre doyen est une charge lourde, qu’est-ce qui vous a poussé à accepter cette fonction et quelle trace aimeriez-vous laisser?

Durant les quatre années du décanat de Jean-Daniel Macchi, la formation a été profondément rénovée. Le programme du bachelor a été mis à jour, le master à distance a été créé ainsi qu’un certificat de spécialisation. De mon côté, j’aimerais mettre un fort accent sur la recherche et le rayonnement international.

Série: «La transmission de la mémoire de la Shoah»

carte postale st Gingolph CC(by) peuplier via https://flic.kr/p/bKUhT8Une thèse d’histoire remet en question le nombre de réfugiés juifs refoulés par la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale. Derrière la querelle d’historien se pose une question lancinante. Et si la Suisse manquait de compétences mémorielles?

Photo: La frontière suisse est complètement fermée. Ici à Saint-Gingolph vers 1943. CC (by) peuplier 

Par Laurence Villoz et Guillaume Henchoz

C’est une recherche que peu ont pu lire, mais qui fait déjà couler beaucoup d’encre. L’historienne Ruth Fivaz-Silbermann a défendu avec succès à l’Université de Genève sa thèse de doctorat intitulée «La fuite en Suisse. Migrations, stratégies, fuite, accueil, refoulement et destin des réfugiés juifs de France durant la Seconde Guerre mondiale». La chercheuse y retrace le parcours de réfugiés juifs qui se sont présentés à la frontière suisse à partir de l’été 1942: «C’est le moment où les Juifs vivants ou réfugiés en France, en Belgique ou en Hollande commencent à être déportés et exterminés systématiquement. C’est aussi le moment où la Suisse cherche à fermer complètement ses frontières». A partir du mois de novembre 1942, les Allemands occupent la Zone libre auparavant placée sous le gouvernement de Vichy. La Suisse est alors complètement entourée par les puissances de l’Axe et doit gérer l’arrivée de réfugiés à ses frontières. Certains sont refoulés. D’autres non. Selon la chercheuse, un peu moins de 3000 personnes juives se sont vues interdire l’entrée sur le territoire helvétique à la frontière franco-suisse entre 1942 et 1945, où sont passés les deux-tiers des réfugiés. D’après le rapport Bergier publié en 2002, plus de 20’000 personnes (juives et non juives) ont été refoulées le long de toute la frontière suisse, de 1939 à 1945. Le débat est ouvert.

Le bâtiment des Bastions abrite la Faculté de théologie CC(by-sa)'John Middleton' via https://flic.kr/p/edk2MpL’Université de Genève propose pour la rentrée de septembre une formation continue destinée aux imams. Ce projet répond à des préoccupations politiques et sociales autant qu’il innove en proposant une approche historico-critique de l’islam.

Photo: Le bâtiment des Bastions abrite la Faculté de théologie CC(by-sa)'John Middleton' 

Par Caroline Amberger

La communauté albanophone de Genève a sollicité la mise en place d’une formation continue des imams, ils sont désormais de nombreux musulmans à afficher un islam libéral et ne s’en cachent pas. «J’ai grandi en Suisse et ce n’est pas pour autant que je ne pratique pas ma religion, c’est la liberté de culte», explique Djelal Avdil membre de la communauté et résident genevois. «Moi je sais encore l’albanais, mais les plus jeunes ne le parle parfois plus. Nous sommes peut-être la dernière génération à avoir gardé certaines de nos traditions. Pour la religion, c’est à titre personnel que je la pratique. Je crois en quelque chose qui puisse nous rassurer dans la vie. J’ai grandi dans l’islam qui prône la tolérance et l’amour. Mais qui sont ces gens qui donnent une image si catastrophique de notre religion», s’interroge avec consternation ce jeune homme pour lequel il est évident que les imams doivent pouvoir se former et être compatibles avec les valeurs suisses auxquelles il tient beaucoup. «On doit donner le maximum de soi à ce pays qui nous a si bien accueillis», s’exclame-t-il.

Enrico Norelli DREnrico Norelli, professeur d’histoire du christianisme à l’Université de Genève va prendre sa retraite. Mercredi et jeudi, un colloque sur les réécritures bibliques dans le christianisme primitif est organisé en son honneur. Interview.

Propos recueillis par Joël Burri

Quel est votre matériau de travail comme spécialiste de l’histoire et de la littérature des premiers chrétiens?

Dans les sources qui permettent de reconstituer l’histoire, il y a, toutes les formes d’expression des premiers groupes de chrétiens. La représentation traditionnelle est qu’il y a d’abord le Nouveau Testament, c’est-à-dire ce groupe d’écrits qui ont été réunis dans ce recueil devenu canonique pour les chrétiens; et que viennent ensuite d’autres textes, les écrits «patristiques». Aujourd’hui, la plupart des chercheurs reconnaissent qu’il ne faut pas se limiter aux textes reconnus comme canoniques, voire les privilégier, mais qu’il faut travailler tous les premiers écrits chrétiens pour reconstituer l’histoire des premiers croyants en Jésus. Il y avait aussi d’autres évangiles, lettres, actes d’apôtres et apocalypses qui ont fini par être écartés du corpus canonique. En partie, cette littérature a disparu, mais ce qui nous est parvenu est extrêmement important pour comprendre la diversité et la richesse du premier christianisme.

Papillon colloque Luther PhiloLa Faculté de théologie de Genève en collaboration avec l’Institut romand de systématique et d’éthique organise un colloque international sur le thème de «Luther et la philosophie» du 11 au 13 mai à Genève. Une manière de contribuer au jubilé de la Réforme sur un plan académique.

Par Caroline Amberger

Dans le cadre d’un colloque qui se déroulera du 11 au 13 mai à Genève, une quinzaine de spécialistes s’intéresseront à la relation critique et souvent polémique qu’a eue Luther avec la philosophie influençant à son tour une génération de philosophes après lui. En provenance des Etats-Unis, d’Allemagne, d’Angleterre, de Suisse ou de France, théologiens, philosophes et historiens auront une approche interdisciplinaire. Ils aborderont dans leurs spécificités l’influence qu’a eu la pensée du réformateur sur des philosophes comme Kant, Kierkegaard ou Heidegger. A l’inverse, ils vont aussi s’intéresser aux philosophes qui ont influencé Luther. Un héritage parfois récusé basé sur la philosophie de l’Antiquité, du Moyen Age ainsi que de l’époque contemporaine au réformateur.

Page 1 sur 9
© 2017 Protestinfo