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Les directeurs des 4 CSP romandsReprésentant 28% des citoyens, la classe moyenne inférieure en Suisse est proche du seuil de pauvreté sans ne pouvoir bénéficier d’aucune aide sociale. Les Centres sociaux protestants mettent en lumière cette tranche de la population fragilisée, lors de leur campagne annuelle de mars.

Photo: Les quatre directeurs des CSP romands, Pierre Ammann (CSP Berne-Jura), Pierre Borer (CSP Neuchâtel), Alain Bolle (CSP Genève) et Bastienne Joerchel (CSP Vaud)

Par Laurence Villoz

«Beaucoup de personnes sont surprises de devoir frapper à notre porte. Elles nous disent: ‘Avant, j’étais donateur pour le Centre social protestant (CSP)’. De plus en plus de personnes perdent pied alors qu’elles pensaient que ce genre de situation ne leur arriverait jamais», lâche Pierre Ammann, le directeur du CSP Berne-Jura, lors d’une conférence de presse, mardi 14 mars, à Genève. Pour leur campagne de mars 2017, les quatre CSP romands ont choisi de se focaliser sur la fragilité de la classe moyenne inférieure. 

AfficheCSP 2016La campagne de mars des centres sociaux protestants brise un tabou: celui de la précarité cachée qui touche de nombreuses personnes. Plus qu’une collecte de fonds, cette action veut rendre hommage aux personnes qui luttent contre les impayés et sensibiliser le monde politique au rôle que jouent les retards fiscaux dans ces cas.

Par Joël Burri

«Je travaillais et je gagnais ma vie, mais juste pas assez pour vivre bien seule avec mon fils. Au début, je prenais l’argent des impôts, pour payer les dépenses exceptionnelles: dentiste, plombier, vétérinaire ou camp de vacances pour mon fils», témoigne Joséphine Jaques. Cette bientôt sexagénaire a bénéficié de l’aide du Centre social protestant (CSP) de Genève pour se désendetter. La suite, c’est une accumulation de factures: «Cela m’a conduit dans une forme de dépression et j’ai commencé à avoir peur de ma boîte aux lettres. Je ne la vidais plus; seulement quand je voyais que le facteur ne pouvait plus rien mettre dedans.» Des courriers qu’ensuite elle n’ouvrait même pas. «Je remplissais des sacs que je cachais au fond des armoires.»

CSPGEAlors que certaines institutions privées mettent en place des campagnes d’appels aux dons qui ne semblent guère avoir d’autre objet que leur propre survie, d’autres comme le Centre social protestant (CSP), en appellent aux valeurs profondes de ce qui fait lien pour sauver des familles de la précarité. «Faites un geste!» Le CSP lance sa campagne annuelle, et nous invite à regarder cette précarité que l’on peine à voir, et à agir: lutter contre la précarité, c’est investir pour le bien de tous. 

Par Elisabeth Schenker

«Notre mission», déclare d’emblée Hélène Küng, la directrice du CSP Vaud, lors de la conférence de presse qui s’est déroulée mercredi 18 mars, à Genève, «c’est aussi rendre compte de la réalité que nous rencontrons. Santé, logement, travail, il existe plusieurs formes de précarités qui se potentialisent. En Suisse, la précarité et la pauvreté sont peu visibles, car notre pays est relativement prospère. Mais les écarts se creusent. Et le contexte politique déforme et stigmatise la pauvreté: l’abus de prestations sociales est mis en avant, alors qu’il reste rare. En effet, une enquête de l’Office Fédéral des statistiques, réalisée en 2009, montre que 28,5% des personnes qui en ont besoin n’ont pas recours aux aides par manque d’information». 

Cash-cash party: bienvenue au stand des impôts ©jobAccéder à l’indépendance coûte plus cher qu’on ne le croit. Pour éviter que les jeunes ne s’endettent dès le passage à l’âge adulte, les assistants sociaux du CSP enseignent l’art de maintenir un budget équilibré. Mais comme l’Etat, lui aussi tient à resserrer son budget, cette activité est menacée. 

Photo: Cash-cash party: bienvenue au stand des impôts! 

Par Joël Burri

«Nous nous sommes rendu compte, avec les services sociaux de La Chaux-de-Fonds, qu’il y avait des jeunes, qui au moment de se mettre en ménage avaient déjà 20'000fr de dettes», explique Hélène Matile Kohler du Centre social protestant – Neuchâtel (CSP-NE). «Certains jeunes disposent de leur paye d’apprenti comme s’il s’agissait d’argent de poche. Ils tombent de haut quand ils veulent prendre leur indépendance et qu’ils découvrent ce que coûtent les aliments ou une assurance maladie.»

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