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grille anti migrants CC(by-nc)Matt Rhodes via https://flic.kr/p/fvb8RX«Les victimes de traite des êtres humains dans l’asile: la pratique suisse à l’épreuve.» Ce thème a occupé lundi les intervenants auprès des migrants à l’occasion d’un colloque. Manque d’information tant du côté des victimes que des intervenants et normes sécuritaires qui passent avant la protection des droits de migrant sont autant de raisons qui mettent à mal la lutte contre l’exploitation humaine.

Par Joël Burri

«Dans les situations d’urgence, le trafic d’être humain n’est pas une éventualité, c’est une réalité!», a rappelé Maria Grazia Giammarinaro, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la traite des êtres humains, lundi en ouverture d’un colloque consacré à cette problématique dans le domaine de l’asile en Suisse. Entre nécessité de financer leur voyage et la perte de leur réseau, les migrants sont particulièrement vulnérables. La traite des êtres humains prend plusieurs formes allant de la prostitution forcée à l’esclavage notamment dans l’agriculture, en passant par le mariage forcé. Et les enfants ne sont pas épargnés. Et dans le chaos des régions où les migrants affluent par centaines de milliers, les Etats sont débordés. Dans certaines de ces zones jusqu’à 40% des migrants sont exploités.

Les directeurs des 4 CSP romandsReprésentant 28% des citoyens, la classe moyenne inférieure en Suisse est proche du seuil de pauvreté sans ne pouvoir bénéficier d’aucune aide sociale. Les Centres sociaux protestants mettent en lumière cette tranche de la population fragilisée, lors de leur campagne annuelle de mars.

Photo: Les quatre directeurs des CSP romands, Pierre Ammann (CSP Berne-Jura), Pierre Borer (CSP Neuchâtel), Alain Bolle (CSP Genève) et Bastienne Joerchel (CSP Vaud)

Par Laurence Villoz

«Beaucoup de personnes sont surprises de devoir frapper à notre porte. Elles nous disent: ‘Avant, j’étais donateur pour le Centre social protestant (CSP)’. De plus en plus de personnes perdent pied alors qu’elles pensaient que ce genre de situation ne leur arriverait jamais», lâche Pierre Ammann, le directeur du CSP Berne-Jura, lors d’une conférence de presse, mardi 14 mars, à Genève. Pour leur campagne de mars 2017, les quatre CSP romands ont choisi de se focaliser sur la fragilité de la classe moyenne inférieure. 

AfficheCSP 2016La campagne de mars des centres sociaux protestants brise un tabou: celui de la précarité cachée qui touche de nombreuses personnes. Plus qu’une collecte de fonds, cette action veut rendre hommage aux personnes qui luttent contre les impayés et sensibiliser le monde politique au rôle que jouent les retards fiscaux dans ces cas.

Par Joël Burri

«Je travaillais et je gagnais ma vie, mais juste pas assez pour vivre bien seule avec mon fils. Au début, je prenais l’argent des impôts, pour payer les dépenses exceptionnelles: dentiste, plombier, vétérinaire ou camp de vacances pour mon fils», témoigne Joséphine Jaques. Cette bientôt sexagénaire a bénéficié de l’aide du Centre social protestant (CSP) de Genève pour se désendetter. La suite, c’est une accumulation de factures: «Cela m’a conduit dans une forme de dépression et j’ai commencé à avoir peur de ma boîte aux lettres. Je ne la vidais plus; seulement quand je voyais que le facteur ne pouvait plus rien mettre dedans.» Des courriers qu’ensuite elle n’ouvrait même pas. «Je remplissais des sacs que je cachais au fond des armoires.»

Des migrants qui attendent https://flic.kr/p/329MpHProtestinfo laisse régulièrement carte blanche à des personnalités réformées. Aldo Brina, chargé d'information sur l'asile au Centre social protestant de Genève, décrypte le contexte politique et social dans lequel s’inscrit le projet de réforme de l’asile en Suisse.

Photo: CC (by) Rex Pe 

La semaine dernière, le Conseil national a débattu de la réforme de l'asile pilotée par Mme Sommaruga. Ce projet a le mérite d'introduire une assistance juridique gratuite pour une partie des demandeurs d'asile, mais présente aussi de nombreux durcissements. Les Centres sociaux protestants n'ont pas crié victoire, loin de là. Selon les moyens engagés pour sa mise en œuvre, la réforme peut encore tourner à la catastrophe: des réfugiés parqués dans de grands centres, «gérés» en une procédure accélérée, défendus par des juristes surchargés devenus l'alibi d'un traitement plus expéditif que jamais.

vendredi, 28 août 2015 08:05

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