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Enrico Norelli DREnrico Norelli, professeur d’histoire du christianisme à l’Université de Genève va prendre sa retraite. Mercredi et jeudi, un colloque sur les réécritures bibliques dans le christianisme primitif est organisé en son honneur. Interview.

Propos recueillis par Joël Burri

Quel est votre matériau de travail comme spécialiste de l’histoire et de la littérature des premiers chrétiens?

Dans les sources qui permettent de reconstituer l’histoire, il y a, toutes les formes d’expression des premiers groupes de chrétiens. La représentation traditionnelle est qu’il y a d’abord le Nouveau Testament, c’est-à-dire ce groupe d’écrits qui ont été réunis dans ce recueil devenu canonique pour les chrétiens; et que viennent ensuite d’autres textes, les écrits «patristiques». Aujourd’hui, la plupart des chercheurs reconnaissent qu’il ne faut pas se limiter aux textes reconnus comme canoniques, voire les privilégier, mais qu’il faut travailler tous les premiers écrits chrétiens pour reconstituer l’histoire des premiers croyants en Jésus. Il y avait aussi d’autres évangiles, lettres, actes d’apôtres et apocalypses qui ont fini par être écartés du corpus canonique. En partie, cette littérature a disparu, mais ce qui nous est parvenu est extrêmement important pour comprendre la diversité et la richesse du premier christianisme.

Amsler

Le Fonds national suisse de la recherche scientifique vient d’octroyer plus de deux millions de francs au prof. Frédéric Amsler et à son équipe. Leur projet consiste à réaliser l’édition critique de plusieurs textes apocryphes chrétiens, qui sera aussi disponible en ligne et en libre accès.

Par Noriane Rapin

Photo: Frédéric Amsler DR

C’est une reconnaissance qui vaut de l’or. Le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS) a attribué plus de deux millions de francs à Frédéric Amsler, professeur ordinaire à la Faculté de théologie et de science des religions de l’Université de Lausanne. Son projet? Réaliser l’édition critique, entre 2017 et 2020, d’une série de textes apocryphes chrétiens (c’est-à-dire des écrits qui n’ont pas été retenus dans le corpus biblique) en versions papier et numérique, avec des outils open source.

Capture décran 2013-12-23 à 12.14.38Un colloque international sur les littératures apocryphes juive et chrétienne se tiendra à l’Université de Lausanne (Unil) entre le 7 et le 10 janvier 2014. La Vie d’Adam et Eve sera au cœur des débats.

Photo: Frédéric Amsler © F. Imhof (Unil)

Par Sophie Badoux, Uniscope

La pomme de la discorde, le péché originel qui provoqua l’expulsion du jardin d’Eden. Adam, le premier homme, et sa compagne Eve vivent au paradis sur terre jusqu’à ce qu’Eve consomme le fruit défendu que le serpent lui propose. La légende des origines de l’humanité peut être vue comme le comble du machisme, et elle a d’ailleurs longtemps servi en ce sens. La femme se laisse tenter, commet le péché et entraîne toute l’humanité dans sa chute. 

Même si les interprétations diffèrent, jamais le livre de la Genèse ne laisse place à la vision d’Eve, ni ne dit mot du destin du couple à la sortie du paradis. La Vie d’Adam et Eve, un texte apocryphe (non reconnu par les Eglises) au cœur d’un colloque scientifique sur les littératures apocryphes juive et chrétienne, remédie quelque peu à l’injustice.

bovonTrente ans de travaux, près de 2000 pages. Traduit dans cinq langues, le commentaire de l’évangile de Luc par François Bovon (Divinity School, Université de Harvard) fait date. Mais à quoi rime une entreprise aussi imposante ? Le théologien suisse répond à Antoine Bosshard dans Evangile et Liberté.

Antoine Bosshard : Pourquoi cet effort, quand on sait le nombre de commentaires qui ont déjà été publiés?

François Bovon : On peut effectivement se le demander. Disons que chaque génération a besoin de son commentaire.

Que sait-on au juste de l’événement qui est à l’origine de la fête de Noël et de quoi les chrétiens se réjouissent-ils encore aujourd'hui ? Seul l’Evangile de Luc donne le récit de la naissance de Jésus. Il est à l’origine de nombreux écrits qui, pour combler les silences de la Bible, ont fait la part belle au merveilleux et à l’imaginaire populaire, et sont devenus partie intégrante de la tradition chrétienne. Enquête sur les origines d’une célébration qui remonte au début du 4ème siècle et dont le message de paix est toujours valable pour tous les hommes, quelle que soit leur croyance.

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