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L'affiche d'une campagne contre esclavage https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Official_medallion_of_the_British_Anti-Slavery_Society_(1795).jpg#/media/File:Official_medallion_of_the_British_Anti-Slavery_Society_(1795).jpgComment une religion qui prône l’amour et l’égalité a pu tolérer l’esclavage? Historiens et théologiens ont essayé d’y voir plus clair, dans le cadre du Festival histoire et cité à Genève.

Photo: Affiche de lutte contre l’esclavage LDD 

Par Laurence Villoz

«Pourquoi les chrétiens ont-ils tant tardé à condamner l’esclavage», cherche à comprendre le professeur d’histoire du christianisme Michel Grandjean. La troisième édition du Festival histoire et cité, qui s’est déroulée du 21 au 24 mars à Genève, a abordé la question de la liberté. Parmi les différents débats, conférences et événements consacrés à cette thématique, une table ronde a réuni plusieurs spécialistes autour de la position ambiguë qu’a entretenue le christianisme avec l’esclavage.

Une partie du site de Qumrân CC(0) Effi Schweizer via https://fr.wikipedia.org/wiki/Qumr%C3%A2n#/media/File:Qumran2.jpegIl y a un peu plus de 70 ans, en 1947, un groupe de Bédouins découvre des jarres renfermant des manuscrits dans des grottes surplombant la mer Morte. Mercredi 21 mars, la HET-PRO propose une série de conférences pour célébrer cet anniversaire. Parmi les intervenants, Innocent Himbaza, spécialiste de l’Ancien Testament, maître d'enseignement et de recherche à l’Université de Fribourg et James Morgan, spécialiste du Nouveau Testament, lecteur à l’Université de Fribourg et professeur à la HET-PRO. Interview.

Photo: Une partie du site de Qumrân CC(0) Effi Schweizer 

Propos recueillis par Joël Burri 

Tous les croyants ont déjà entendu parler des manuscrits de la mer Morte. Mais que contiennent ces mystérieux rouleaux et pourquoi en parle-t-on autant?

Innocent Himbaza: Ce sont les plus anciens témoins du texte biblique que nous avons. Avant leur découverte, il y avait très peu de manuscrits très anciens. Les grands manuscrits que l’on connaissait dataient du Moyen âge, spécialement pour les textes hébreux. Quand on a découvert les manuscrits dits de Qumrân — ou de la mer Morte, le site de Qumrân n’est pas le seul — on a fait, un bond en arrière de plusieurs siècles dans l’histoire. La grande question était donc de savoir si ces documents correspondaient à la Bible telle que nous la connaissions.

Acces Ecritures 2017©ABU via https://www.unitedbiblesocieties.org/fr/rapport-sur-lacces-aux-ecritures-dans-le-monde-2017/L’an passé, la Bible a été publiée pour la première fois dans sept nouvelles langues. Le texte sacré du christianisme existe désormais dans 674 langues.

Graphique: ©ABU

(Protestinfo) La Bible dans son intégralité a été publiée pour la première fois en 2017 dans sept nouvelles langues. À cela s’ajoutent quatre langues qui disposent désormais du Nouveau Testament et neuf dans lesquels des nouveaux fragments de la Bible ont été traduits. Au total, la Bible existe, au 1er janvier 2018, dans 674 langues. Le Nouveau Testament seul existe dans 1515 langues supplémentaires et au moins quelques écrits sont disponibles dans 1135 langues supplémentaires. C’est ce qui ressort dans le rapport annuel sur l’accès aux Écritures de l’Alliance biblique universelle (ABU) relayé par la Société biblique suisse (SBS).

Flyer pour le cours "Foi et humour"L’humour est-il soluble dans la foi? L’Université de Genève organise un cours public sur cette thématique, du 28 février au 16 mai. Entretien avec le professeur de théologie systématique Hans-Christoph Askani, à l’origine de ce projet.

Photo: © UNIGE

Par Laurence Villoz

 Dans la Bible, Jésus n’est pas présenté comme rieur, est-ce surprenant pour les textes de cette époque?

On raconte dans les Évangiles que Jésus a pleuré, qu’il s’est mis en colère, qu’il était aimable et quelquefois peu aimable, qu’il a eu peur, etc. Pourquoi ne devrait-on pas raconter aussi qu’il a ri ou éclaté de rire? Ce n’est pas le cas. Dans l’histoire de la théologie pendant une certaine période, on a rejeté le rire et la gaieté comme quelque chose qui ne serait pas digne de la foi chrétienne. On peut d’ailleurs expliquer cette réserve par le fait que le rire a en lui quelque chose de subversif. C’est pour cela qu’une attitude critique face à l’humour et au rire existe non seulement dans la théologie, mais dans certains courants philosophiques également.

Thomas Römer. Photo:job

L’exégète Thomas Römer, professeur au Collège de France, chaire des milieux bibliques et d’Ancien Testament à l’Université de Lausanne estime qu’une lecture historique de la Bible enrichit notre rapport au texte et ne remet nullement en cause les fondements de notre foi. Interview.

Propos recueillis par Frédérick Casadesus, «Réforme»

Qu’est-ce qu’un bibliste?

Cette question n’est pas aussi simple qu’il y paraisse. Je pourrais vous répondre que le bibliste est quelqu’un qui a choisi la Bible comme objet de recherche et qui lui consacre la plus grande partie de sa vie. Mais cette façon de dire pourrait provoquer des malentendus, des ambiguïtés, parce que certains considèrent qu’un bibliste est un fanatique de la Bible, qui ne voit la vie que par elle, au fond qui ne jure que par elle.

Thomas RömerAlors que les chrétiens entrent en période de carême pour quarante jours, le professeur d’Ancien Testament Thomas Römer analyse la place de la nourriture dans la Bible hébraïque. De la famine au sacrifice animal.

Photo: Thomas Römer au Cazard

Par Laurence Villoz

«Manger semble aller de soi aujourd’hui, mais ce n’était pas le cas dans l’Antiquité», lâche Thomas Römer, professeur d’Ancien Testament à l’Université de Lausanne et de «Milieux bibliques» au Collège de France, à Paris. Le spécialiste s’est penché sur l’importance de la nourriture dans la Bible hébraïque, lundi 12 février, au Cazard à Lausanne. Il était l’invité de l’Association Des calories pour la vie qui propose de renoncer à un repas par semaine et de verser la somme économisée à une œuvre qui lutte contre la faim dans le monde.

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