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Série «L’imprimerie et la Réforme»

Protestinfo propose régulièrement des éditos rédigés par des membres des rédactions de Médias-pro.flux de donnees CC(by-nd) amika san via https://flic.kr/p/GXeuy

Joël Burri, rédacteur responsable de Protestinfo, clôt la série «l’imprimerie et la Réforme» par une réflexion sur l’avenir du protestantisme à l’ère numérique.

image: CC(by-nd) amika san

Le protestantisme est né avec l’imprimerie, va-t-il mourir avec internet?

Il est vrai qu’on lie souvent presse et Réforme, tant il est vrai que cette invention a joué un rôle primordial dans la diffusion des idées nouvelles. Il est probable que sans la machine de Gutenberg, l’impact de la réforme initiée par Luther, aurait été aussi moindre que celui des diverses «hérésies» aux revendications plus ou moins proches des celles du moine allemand qu’ont été les préréformes combattues par l’Eglise durant les siècles précédents.

Série «L’imprimerie et la Réforme»

livres romandsLe livre a toujours eu une place centrale en Suisse romande, dès les débuts de l’imprimerie. A partir du XIXe et pendant tout le XXe siècle, cette région a connu un rayonnement international dans le secteur de l’imprimerie et de l’édition. François Vallotton, professeur ordinaire d’histoire contemporaine à l’Université de Lausanne, a consacré sa thèse et une partie de ses recherches à ce sujet. Interview.

Propos recueillis par Noriane Rapin

En quoi la Suisse romande est-elle historiquement une terre du livre?

D’abord, l’activité d’imprimerie est relativement précoce en Suisse romande, puisque les premières imprimeries apparaissent rapidement, dès la fin du XVe siècle. La Réforme va donner une impulsion très importante au monde de l’imprimé et faire de villes comme Genève, Neuchâtel et Lausanne des lieux extrêmement importants pour la production et la diffusion de l’imprimé. La culture protestante a aussi sans aucun doute encouragé un rapport au livre privilégié, même si on a parfois surestimé les différences fondamentales entre monde catholique et monde protestant. La Réforme a néanmoins favorisé la production des imprimés, le contact direct avec le livre ainsi que divers circuits de distribution, par le biais des bibliothèques paroissiales ou des sociétés évangéliques particulièrement importantes dès le XIXe siècle.

Série «L’imprimerie et la Réforme»

Un atelier d'imprimeurs, gravure de Jost Amman, 1568, via https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Printer_in_1568-ce.pngJean Calvin n’a pas seulement permis un essor culturel à Genève, mais aussi le développement d’une industrie florissante: l’imprimerie.

Gravure: Jost Amman, 1568

Par Joël Burri

Au milieu du XVIe siècle, Neuchâtel, Lausanne ou Genève accueillent de nombreux imprimeurs acquis aux idées de la Réforme venus de France ou d’Italie. Genève en particulier acquiert en quelques années une renommée européenne et mondiale. Avant 1540, pas plus de cinq livres étaient publiés chaque année au bout du lac. En 1544, c’est 20 titres qui y ont été imprimés et en 1561 on atteint les 75.

Série «L’imprimerie et la Réforme»

Placard contre la messe, capture d'écran, http://gallica.bnf.fr/Une attaque cinglante contre la messe et l’eucharistie est placardée dans l’entourage du roi de France, durant une nuit d’octobre 1534. Le texte a été écrit et rédigé à Neuchâtel. Mais cette démonstration de force des partisans des idées nouvelles provoque de lourdes répressions.

Par Joël Burri

«Dans la nuit du 17 octobre 1534, de petites affiches, des “placards” furent apposés en plusieurs endroits, à Paris et jusque sur la porte de la chambre de François Ier au château d’Amboise», relate l’Encyclopédie Universalis. «La légende veut même qu’un de ces placards soit tombés dans le thé du roi», complète en souriant l’historienne Geneviève Gross.

Série «L’imprimerie et la Réforme»

L'Encyclopédie d'YverdonA la fin de XVIIIe siècle, Fortunato Bartolomeo De Felice publie l’Encyclopédie d’Yverdon opérant la synthèse du progrès scientifique et du protestantisme. Tirés à 3000 exemplaires, les 58 volumes réalisés essentiellement par des pasteurs naturalistes et progressistes illustrent l’expression des Lumières suisses.

Photo: L'Encyclopédie d'Yverdon (LDD)

Par Laurence Villoz

«En dix ans, Barthélemy De Felice va sortir les 58 volumes de l’Encyclopédie d’Yverdon, un véritable tour de force, car il faut reprendre et composer 75'000 articles en un temps record», explique Guillaume Poisson, collaborateur scientifique à l’Institut Benjamin Constant de l’Université de Lausanne. Fuyant l’Italie pour des raisons politiques et personnelles, dans les années 1750, le moine Fortunato Bartolomeo De Felice s’est réfugié à Berne. «A cette époque, le milieu patricien bernois est très éclairé et accueille volontiers des intellectuels, c’est une république extrêmement florissante au niveau des arts, des lettres et des sciences. De Felice se convertit au protestantisme par conviction et se fait rapidement remarquer par l’élite qui va le charger de créer une société typographique», explique l’historien.

Série «L’imprimerie et la Réforme»

La censure https://flic.kr/p/62x5UcAlors que la censure s’intensifie avec le développement de l’imprimerie, différentes méthodes permettent de tricher, de dissimuler et de contourner l’interdit pour continuer de transmettre divers courants de pensée.

Photo: CC (by-sa) Jean-François Gornet

Par Laurence Villoz

«La censure est inhérente à la naissance de l’imprimerie. Même si elle s’appliquait déjà aux écrits manuscrits, elle touche essentiellement les imprimés et les images», explique Guillaume Poisson, collaborateur scientifique à l’Institut Benjamin Constant de l’Université de Lausanne. «Au début, l’imprimerie a suivi deux branches: théologique et politique. La censure devient tout de suite liée à ces deux thématiques. A la fois, les gouvernants laïcs et ecclésiastiques veulent contrôler les imprimés pour ne pas attaquer leur propre régime et l’Eglise du lieu est là pour évaluer les bonnes mœurs et la bonne doctrine des publications», ajoute l’historien.

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