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4725852103_53404bf9d2_mLa Conférence d’unification de la Communion mondiale des Eglises réformées s’est clôturée samedi à Grand Rapids après dix jours de célébrations et de débats. Une expérience plus forte sur le plan humain qu’en termes d’avancées des dossiers, estiment de nombreux participants.

Par Michel Kocher et Aline Bachofner


« Je repars en France avec des images plein la tête, un carnet d’adresses étoffé et le fort sentiment d’appartenir à une famille mondiale », témoigne Rodolphe Kowal, observateur de l’Eglise réformée de France à la Conférence d’unification. L’affirmation de cet étudiant en théologie, qui vivait là son premier rassemblement ecclésial international, résume largement le sentiment de nombreux délégués et observateurs présents à Grand Rapids.

La conférence qui s’est déroulée sur dix jours a permis de défricher et d’approfondir des sujets théologiques et d’engagement social, mais il a surtout été l’occasion d’échanges enrichissants entre 800 représentants du monde entier.

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Le Palace de Caux où se tiennent les conférences d'été DR

Caux Initiatives et Changement s'appelait Réarmement moral jusqu'il y a peu. Si cette organisation créée entre les deux guerres mondiales a rassemblé de nombreux leaders du monde politique et économique sur les hauts de Montreux, on la connaît moins aujourd'hui. L'avocat d'affaires Jean-Pierre Méan vient de remplacer Cornelio Sommaruga, l'ancien directeur du CICR, à la tête de l'ONG. Il est également responsable de Transparency Suisse, une organisation qui lutte contre la corruption. Interview quelques jours avant le rendez-vous estival de Caux, qui débute vendredi.

ProtestInfo: Spécialiste en éthique des affaires, pourquoi avez-vous choisi l'ONG Caux Initiative & Changements plutôt qu'une autre?


JPM: Les codes de conduite, c'est très bien! Mais imposer des règles de conduite, cela ne marche pas! Les acteurs concernés doivent décider personnellement de changer leur attitude. C'est comme s'ils devaient reprogrammer leur disque dur pour qu'ils soient convaincus en leur for intérieur que cette décision est la bonne, même si leurs concurrents continuent de payer des pots-de vin. Je vous donne un exemple. A Bangalore en Inde, des jeunes femmes qui venaient d'accoucher devaient payer le personnel de l'hôpital pour qu'elles puissent voir leur enfant! Changer, c'est décider qu'on ne veut pas d'un monde comme cela! Et ce type d'attitude est dans la ligne de Caux, qui considère que changer le monde passe aussi par un changement personnel.

Maison à Détroit DR
Maison à Détroit DR

Grand Rapids - Les Eglises de l’Etat du Michigan consacrent une bonne partie de leur budget à l’aide sociale, complétant largement les prestations de l’Etat. Cet effort améliore les conditions de vie de milliers de personnes. Toutefois certaines voix de la Communion mondiale des Eglises réformées (CMER) critiquent une charité qui ferait l’économie de la remise en question du système qui engendre la pauvreté.


Par Aline Bachofner


Le bus qui mène les délégués de la CMER du Calvin College à l’Eglise presbytérienne de Westminster, dans le Heartside de Grand Rapids, traverse des quartiers cossus aux maisons gigantesques et pelouses impeccablement tondues. Le décor semble sorti tout droit d’une série américaine où les ménagères sont désespérées.

jfquilitLe pasteur réformé français Antoine Nouis publie un essai de vulgarisation théologique pour présenter la foi chrétienne aux non-croyants. Essai transformé.


Par Marie Lefebvre-Billiez, Réforme

Thomas est un jeune scientifique agnostique qui a eu la bonne idée de vouloir épouser une fille de pasteur. Alors le beau-père, Antoine Nouis, après quelques discussions que l’on devine riches, a écrit une lettre à son futur gendre pour lui « expliquer la foi chrétienne. » Le petit essai se lit en moins de deux heures et la forme épistolaire en rend l’approche sympathique. Antoine Nouis commence par une énigme: comment le christianisme a-t-il pu prendre autant d’ampleur alors que son fondateur, Jésus-Christ, est mort jeune et abandonné?

 

imagesLa lutte pour faire de l’eau un bien commun est une des priorités de la nouvelle Communion mondiale des Eglises réformées. La délégation suisse a mené un important et long travail de lobby sur ce thème. À l’heure du bilan à Grand Rapids, elle s'en réjouit.

Par Michel Kocher


« We did it », « nous l’avons fait », s’est exclamée Pia Grossholz samedi matin lors de la dernière session de l’Assemblée générale de la CMER, au moment où le texte final est voté. Assise dans les tribunes de l’immense stade de baseball, à côté d’autres observateurs et visiteurs suisses, cette conseillère synodale de l’Église bernoise, est satisfaite. Le travail des Suisses autour de l’eau trouve sa place dans les sujets retenus comme importants et préoccupants pour les 80 millions de réformés de par le monde.

aabababLes coûts de fonctionnement du siège à Genève sont trop élevés, affirme un membre de l’Assemblée d’unification de la Communion mondiale des Eglises réformées à Grand Rapids. Le nouveau président de la CMER, Jerry Pillay, considère qu'"il est trop tôt pour se prononcer, mais que la question d'un éventuel déménagement du siège sera examinée. "

Par Aline Bachofner

«Il n’est pas pensable, pour une organisation qui s’engage en faveur de la justice économique, d’avoir son siège dans un pays économiquement privilégié.» Wesley Grandberg-Michaelson, pasteur de l’Eglise réformée en Amérique (Uniting Church in America), ne mâche pas ses mots pour justifier sa demande de transférer les bureaux de la nouvelle Communion mondiale des Eglises réformées (CMER) de Genève en Afrique du Sud, au Ghana ou en Asie. (ndrl: l'Alliance réformée mondiale, une des deux organisations, qui a fusionné pour créer la CMER, a son siège à Genève). Cette idée n’est pas neuve, mais le pasteur a tenu à rendre le nouveau comité exécutif attentif à la nécessité d’examiner rapidement cette question.


«Genève est la quatrième ville la plus chère au monde, a argumenté le pasteur devant l’Assemblée d’unification de la CMER. Au vu du taux de change actuel, les coûts de fonctionnement en Suisse sont tout simplement inabordables pour une organisation confrontée à des réductions budgétaires.»

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