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  • 16 janvier 2019 - 17:29
  • Joël Burri 4011 signes
Politique

Laïcité à Genève: se contenter de vivre ensemble ou construire un projet commun?

À l’approche du vote sur la loi sur la laïcité à Genève, les référendaires et les principales Églises ont tour à tour convoqué la presse. Pour les uns, cette loi est inutile alors que pour les autres, elle est imparfaite, mais nécessaire.

Par Joël Burri

«Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain!», prévient Béatrix Leroy-Jeandin, présidente de l’Église catholique romaine (ECR) de Genève. Les citoyens du bout du lac votent le 10 février sur la loi sur la laïcité de l’État, adoptée fin mars par le Grand conseil puis attaquée par un référendum. L’ECR, l’Église protestante de Genève (EPG) et l’Église catholique chrétienne (ECC) à Genève font frond commun pour inviter les fidèles à glisser un «oui» dans les urnes. Leur appel qui sera principalement relayé au travers des moyens de communication internes des institutions a été annoncé lors d’une conférence de presse commune mardi 15 janvier.

Une interprétation différente du texte

L’article 3 de la loi qui prévoit l’interdiction de «signaler leur appartenance religieuse par des propos ou des signes extérieurs», faite aux employés de l’État en contact du public, aux magistrats et aux élus, y compris ceux des organes délibérants lorsqu’ils siègent en séance plénière, cristallise une large partie des insatisfactions. Pour les représentants des Églises historiques, «cet article est un point qui méritera notre attention lors de l’élaboration du règlement d’application», explique Béatrix Leroy-Jeandin. Du côté des référendaires, par contre, on perçoit cette formulation comme extrêmement stricte et selon eux, elle ne laissera aucune place à l’interprétation. «Je serai obligée de licencier des employées voilées, alors qu’elles avaient été engagées en pleine connaissance de cause pour leur compétence», dénonce la socialiste Carole-Anne Kast conseillère administrative de la commune d’Onex qui lors de la conférence de presse du comité référendaire le lundi 14 a déjà prévenu qu’elle refuserait de le faire. «Les référendaires dressent des épouvantails», rétorque Blaise Menu, modérateur de la Compagnie des pasteurs et des diacres de l’EPG, quand on évoque les différentes conséquences de la loi que dénoncent les référendaires.

En juin 2018, un recours auprès de la Cour constitutionnelle a été déposé par le Réseau évangélique de Genève, mais celui-ci ne sera traité que si la loi entre en vigueur. «Nous regrettons que les recours constitutionnels ne puissent être traités avant le référendum. Cela aurait certainement permis de décrisper le débat», a avancé Emmanuel Fuchs, président de l’EPG.

«Cette loi fait du vent en voulant combattre des moulins qui n’existent pas!», plaide pour sa part le député Ensemble à gauche Pierre Vanek. Si quelques lois méritent d’être toilettées, notamment pour permettre aux Églises de vendre les monuments dont elles n’ont plus besoin et qui pèsent lourd sur leurs finances, le député estime que «cette loi tend à régler de manière autoritaire des problèmes qui en fait ne se posent pas», ce faisant elle réduirait les libertés individuelles sans que cela soit justifié.

Une loi inutile et liberticide

Il n’y a pas lieu de créer une «loi d’exception uniquement pour les questions religieuses», abonde Pierre-Yves Bosshard, au nom des juristes progressistes, également opposés à la loi. «Un État laïc devrait défendre les atteintes à l’ordre public, quels que soient les motifs de ces atteintes.» De son côté, le président de la coordination Stop exclusion, considère que l’«on ne peut pas promouvoir l’intégration en diminuant les droits des gens.» Pour lui, cette loi provoquerait une diminution de la diversité dans la société, «on passerait de l’intégration à l’assimilation. Cela reviendrait à dire “vous êtes les bienvenus, mais seulement si vous êtes comme nous!”»

Un projet de communauté plus ambitieux

«Le religieux demeure un objet particulier. C’est fondamental et les opposants à la loi semblent l’ignorer ou feindre de l’ignorer. Peut-être parient-ils aussi sur son extinction, mais nous savons que ce n’est pas le cas», dénonce pour sa part Blaise Menu. «Le modèle défendu par la loi favorise une communauté de destin moderne au sein de la communauté. Au contraire, le modèle défendu par les opposants se contente d’un vivre ensemble un peu mou», explique-t-il.

Projet commun ou individualismes qui se contentent de se côtoyer, Emmanuel Fuchs se dit également favorable pour le premier: «Comme citoyen, je demande à l’État de s’intéresser à la question religieuse, car elle fait partie de nos vies.»

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