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  • 08 novembre 2018 - 14:19
  • Marie Destraz 4394 signes
Interreligieux

Première déclaration interreligieuse pour les réfugiés

Les communautés religieuses chrétiennes, juives et musulmanes ont signé mercredi à Berne une déclaration commune en faveur de la protection des réfugiés. Un appel lancé à l’État, au monde politiques mais aussi aux fidèles.

Par Marie Destraz

C’est une première, les communautés religieuses représentées au sein du Conseil suisse des religions, ont signé une déclaration commune pour la protection des réfugiés. Réunis à Berne mercredi pour la signature, chrétiens, juifs et musulmans ont remis le document à la vice-présidente du Conseil national suisse, Marina Carobbio Guscetti. Le texte appelle l’État et le monde politique à assumer leurs responsabilités et à agir concrètement. Les fidèles ne sont pas en reste et sont invités à s’engager auprès des réfugiés sur le terrain. L’initiative est soutenue par le bureau du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) pour la Suisse et le Liechtenstein.

Une humanité commune

«Tout être humain est une créature de Dieu et est de ce fait placé sous la protection de son créateur, Dieu lui-même», lit-on en préambule de la déclaration. C’est au nom de cette humanité commune que croyants juifs, musulmans et chrétiens ont «une responsabilité particulière à l’égard des réfugiés», a rappelé Harald Rein, évêque de l’Église catholique-chrétienne de Suisse et président du Conseil suisse des religions.

La déclaration se décline en cinq appels. Le premier demande un soutien aux œuvres d’entraide active dans les zones de conflit. Le deuxième réclame que la mise en place de programmes de réinstallation, assurant un voyage sécurisé vers un pays d’accueil, soit un élément central et durable de la politique d’asile. Le troisième appel invoque des procédures d’asile équitables et efficaces, dans le respect de la Convention de Genève, et l’obtention facilitée du statut de réfugié au lieu d’une admission provisoire. Le quatrième appel aborde la question de l’effort public pour une intégration rapide. Les communautés religieuses soulignent leur engagement sur ce point précis et demandent à être soutenues et reconnues. Enfin, le cinquième appel demande que les renvois soient faits dans la dignité, respectant les droits humains et l’intérêt des enfants.

Si ces appels ont déjà émanés au sein de la société civile, la déclaration tend à les renforcer, «parce que nous sommes la voix de ceux qui ne peuvent parler eux-mêmes», affirme Charles Morerod, évêque catholique romain du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg et président de la Conférence des évêques suisses.

Une coordination nécessaire

Il aura tout de même fallu deux ans pour que les communautés parviennent à concocter un texte commun. La signature de la déclaration arrive dans une période où les demandes d’asile sont en constante diminution en Suisse. « Le texte n’est pas une réaction à un événement dramatique, il est proactif. L’exil reste un sujet d’actualité. Il y a actuellement 68 millions de réfugiés dans le monde. C’est donc notre humanité qui est en question», note Montassar BenMrad, président de la Fédération des organisations islamiques de Suisse (FOIS). «C’est une message fort qui est envoyés à nos communautés respectives: nous sommes ensemble sur la question des réfugiés. Nous voyons déjà l’impact: les orthodoxes se disent intéressés à faire partie des signataires», se réjouit-il. L’objectif est aussi de coordonner les actions entre les différentes communautés. Montassar BenMrad précise à ce titre que chacun pourra agir selon ses moyens. Les chrétiens bénéficient de subventions étatiques pour leur travail d’aumônerie, auprès des réfugiés notamment. La marge de manœuvre n’est pas égalitaire. Il y a quelques jours, on apprenait que le projet pilote d’aumônerie musulmane testé dans un centre de requérants d’asile à Zurich ne sera pas pérennisé, ni étendu à d’autres centres.

«En coordonnant nos actions, nous pourrons être présents aux différents moments de la vie et du parcours du réfugiés», explique le président de la FOIS. La question financière reste donc le nerf de la guerre. «Nos budgets sont régulièrement rediscutés. Nous avons tendance à couper dans les domaines qui n’ont pas de lien direct avec la structure de l’Église», note Gottfried Locher, président de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS), qui ne cache pas son espoir que les montants attribués aux actions auprès des réfugiés soient maintenus. «Nous devons être Église ensemble. Il est essentiel que nous soutenions les fidèles actifs sur le terrain, même si ce soutien n’est pas financier.»

La déclaration est signée. Il n’y a plus qu’à se remonter les manches, en espérant que ces mots ne restent pas lettres mortes et s’accompagnent d’actes. Les signataires y croient. Ça prendra du temps, ils en sont tous conscients. «Et si nous nous donnions rendez-vous ici dans deux ans pour voir ce qui a été fait?», invite Anja Klug, cheffe du Bureau du HCR pour la Suisse et le Liechtenstein. Le rendez-vous est pris.

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