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  • 27 octobre 2017 - 09:38
  • Joël Burri 1899 signes
Solidarité

«A cause de la culture des palmiers à huile, nous n’avons plus ni terre ni eau potable»

Plusieurs organisations se sont réunies devant le Palais des nations durant la réunion du groupe de travail de l’Organisation des Nations unies pour un traité contraignant sur les entreprises et les droits de l’homme.De passage à Genève, une militante raconte comment son peuple s’est vu privé de ses ressources à cause de l’exploitation de la palme par une entreprise pourtant labélisée pour son respect de l’environnement et des droits humains.

Photo: Plusieurs organisations se sont réunies devant le Palais des nations à Genève durant la réunion du groupe de travail de l’Organisation des Nations unies pour un traité contraignant sur les entreprises et les droits de l’homme.

Par Joël Burri

«La rivière était tout pour nous. On buvait son eau, on l’utilisait pour irriguer nos cultures, pour abreuver nos animaux, on s’y lavait. L’entreprise qui exploite des palmiers à huile nous a pris nos champs, elle a détourné la rivière. Désormais, l’eau est salée par le reflux de la mer proche et elle est polluée par l’exploitation des palmiers», raconte une militante de l’association Madre Tierra que nous appellerons Roberta. L’entreprise qui exploite cette région du nord-ouest du Honduras où vivent des membres de la minorité Garifuna, reconnaît dans son raport annuel qu’il existe encore des problèmes de contestation des terres, cela ne l’empêche pas d’être labélisée par la table ronde sur l’huile de palme durable (RSPO). Sa production est donc vendue en Occident comme durable et respecteuse des droits humains.

Le lien entre huile de palme et accaparement des terres est au cœur de la campagne actuelle de Pain pour le prochain et Action de carême. Pour les deux organisations caritatives, l’huile de palme durable est une utopie. Un avis que partage Roberta. Nous l’avons rencontrée à Genève où elle venait prendre la parole devant un groupe de travail de l’Organisation des Nations unies pour un traité contraignant sur les entreprises et les droits de l’homme.

Roberta a déjà reçu plusieurs menaces de mort. C’est pour cela qu’elle ne veut pas que son image et son nom soient diffusés. Elle raconte: «d’abord l’entreprise a travaillé avec des Garifunas. Puis alors que ces terres ne devaient pas être vendues en dehors de la communauté, la société a acheté illégalement ces terres. Ensuite ils ont envoyé des policiers et des milices paramilitaires pour les défendre.»

Roberta en veut aussi à l’Etat de son pays. «Nous avons tenté de nous plaindre, mais les tribunaux n’appliquent pas les lois. En plus, ils refusent de reconnaître les Garifunas comme peuples indigènes alors qu’ils sont là depuis plusieurs siècles!» Une non-reconnaissance qui évite ainsi d’apporter aux Garifunas la protection prévue dans les traités internationaux.» Les Garifunas sont issus du métissage au XVIIIe siècle d’autochtones et d’esclaves noirs originaires des colonies britanniques. Ils sont également présents sur plusieurs îles des Antilles.

Aujourd’hui au Honduras, cette communauté subit la pression exercée par l’expansion des palmeraies. Ceux qui s’opposent aux producteurs sont emprisonnés et accusés de terrorisme.

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