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  • 15 mars 2017 - 08:15
  • laurence villoz 2152 signes
Société

La classe moyenne inférieure, à la limite de la pauvreté

Les directeurs des 4 CSP romandsReprésentant 28% des citoyens, la classe moyenne inférieure en Suisse est proche du seuil de pauvreté sans ne pouvoir bénéficier d’aucune aide sociale. Les Centres sociaux protestants mettent en lumière cette tranche de la population fragilisée, lors de leur campagne annuelle de mars.

Photo: Les quatre directeurs des CSP romands, Pierre Ammann (CSP Berne-Jura), Pierre Borer (CSP Neuchâtel), Alain Bolle (CSP Genève) et Bastienne Joerchel (CSP Vaud)

Par Laurence Villoz

«Beaucoup de personnes sont surprises de devoir frapper à notre porte. Elles nous disent: ‘Avant, j’étais donateur pour le Centre social protestant (CSP)’. De plus en plus de personnes perdent pied alors qu’elles pensaient que ce genre de situation ne leur arriverait jamais», lâche Pierre Ammann, le directeur du CSP Berne-Jura, lors d’une conférence de presse, mardi 14 mars, à Genève. Pour leur campagne de mars 2017, les quatre CSP romands ont choisi de se focaliser sur la fragilité de la classe moyenne inférieure. 

Représentant 28% des habitants en Suisse, cette tranche de la population touche un revenu mensuel brut minimum de 3947 francs pour une personne seule et de 8288 francs pour une famille avec deux enfants. Des salaires toutefois trop élevés pour bénéficier de l’aide sociale. «Ces personnes sont particulièrement vulnérables face au moindre pépin, un accident, des frais dentaires imprévus ou un licenciement», constate Alain Bolle, le directeur du CSP Genève. Selon une enquête de l’Office fédéral de la statistique (OFS) publiée en octobre 2016, un quart de la classe moyenne inférieure n’arrive pas à payer une facture inattendue de 2500 francs et 15% ne parviennent pas à payer les dépenses habituelles à la fin du mois.

L’écart se creuse

«L’enquête de l’OFS sur la classe moyenne corrobore ce que nous constatons sur le terrain. Longtemps considérée comme un groupe homogène, elle s’est dédoublée en deux catégories distinctes. L’une qui vit bien et l’autre qui se trouve dans un état de grande vulnérabilité», explique Bastienne Joerchel, la directrice du CSP Vaud qui ajoute que lorsque ces personnes viennent chercher de l’aide au CSP, elles ont déjà basculée dans la précarité. Ainsi, la campagne s’adresse non seulement au public, dans un but de prévention et de recherches de dons, mais aussi aux autorités. 

Pour prévenir une polarisation plus marquée au sein de la classe moyenne, les CSP reviennent sur quatre revendications de longue date: «intégrer les impôts courants dans le calcul du minimum vital dans le cas de surendettements», «modifier la Loi sur l’assurance maladie (LAMal) pour que les jeunes ayant atteints leur maturité ne puissent pas être poursuivis pour des montants impayés contractés alors qu’ils étaient mineurs», «limiter la hausse des primes d’assurance maladie pour les enfants» et finalement «mieux réglementer l’accès au petit crédit et renforcer la prévention du surendettement».

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