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  • 08 mai 2008 - 10:24
  • Nicole Métral 3913 signes
Articles

le pasteur lausannois Roger Buangi Puati participe à un débat sur l’esclavage et la colonisation à Paris :"La traite des esclaves est la boîte noire de la catastrophe africaine"

" Tant que nous n’avons pas décodé ce qui se trouve dans cette boîte noire, nous ne nous en sortirons jamais», estime Roger Buangi Puati, congolais d’origine, pasteur à Lausanne de l’Eglise réformée vaudoise (EERV) et auteur d’un récent livre sur le « christianisme et traite des Noirs ». « Il nous faut, en tant qu’Africains, savoir lire les empreintes du passé telles qu’elles marquent notre présent encore aujourd’hui pour en démonter les mécanismes toujours vivaces ». Invité ce vendredi 9 mai à Paris à s’exprimer à la tribune du colloque organisé par l'Association Agapé , membre de la Fédération protestante de France sur « les protestants qui ont marqué l’histoire de l’abolition de l’esclavage », il a répondu à nos questions dans sa paroisse lausannoise en l’église de Saint-Paul.

Les protestants sont-ils vraiment blancs comme neige dans l’histoire de la traite des Noirs et l’apartheid ?

Si au 19e siècle, des protestants anglais, français, américains et suisses, issus du mouvement du Réveil, - essentiellement des quakers, des méthodistes et des mennonites -, ont pris la tête du mouvement abolitionniste contre l’esclavage, le protestantisme a toutefois été impliqué dans cette sombre page de l’histoire. L’héritage de Calvin a pesé lourd dans la propagation d’arguments justifiant la traite, l’esclavage, la ségrégation et l’apartheid. Sa doctrine de la prédestination divisait l’humanité en deux, les élus d’un côté, les réprouvés de l’autre. Tout naturellement, bien des Occidentaux ont estimé que les Africains, qui ne vivaient pas comme eux, étaient des réprouvés qu’on pouvait asservir.

Ce n’est pas ainsi qu’on comprend la Bible pourtant.

Bien sûr qu’il y a une autre lecture à faire de la Bible. Dans l’Epître de Paul aux Romains, il est dit haut et clair que le salut est une question individuelle et que chacun, quelle que soit son origine, peut accéder au salut par le moyen de la foi en Christ.

Les protestants étaient impliqués, mais pas tous…

Par chance, le pluralisme protestant a permis l’émergence de voix protestantes plus radicales qui se sont vigoureusement élevées et ont interpellé les instances politiques pour abolir l’esclavage.

Qu’entendez-vous par cette expression, « boîte noire » de la catastrophe africaine ?

Hier l’Afrique était un réservoir d’esclaves, aujourd’hui elle est un réservoir de matières premières. L’Occident s’est jeté de toutes ses forces pour contrôler ces richesses et maintenir son emprise d’une autre façon, quitte à jeter aux orties les principes démocratiques et les droits de l’Homme. Les Occidentaux ont asservi le continent africain d’une autre manière, en instrumentant les gouvernements africains de façon à ce que leurs intérêts soient défendus par des Africains eux-mêmes. Bien des gouvernements africains ne sont soucieux que de ce que l’on pense d’eux à Washington ou en Europe. Le rapport au pouvoir a été vicié. Autrefois les chefs se souciaient des intérêts de leur peuple, aujourd’hui, ils se soucient de leurs intérêts propres et de ce que l’on pense d’eux là où tout se décide, hors du continent africain. La colonisation a réussi le tour de force d’asservir à domicile. Dans mon pays, le Congo, à la fin du 19e siècle, 10 millions d’Africains sont morts en vingt ans, dans les plantations des colons belges. Ce qui signifie que sous le règne du roi Léopold II, la population congolaise a diminué de moitié. L’Afrique a trop souffert. C’est depuis 600 ans que ça dure. Ça suffit ! Je vous rappelle que la traite des Noirs a commencé au 15e siècle. Il faut absolument comprendre ce mécanisme pour pouvoir le démonter, mais aussi pour sortir des clichés dont nous sommes prisonniers, là-bas et ici. L’Afrique a besoin de guérir de la colonisation et de la traite des Noirs. Qui est donc l’Africain pour que les Occidentaux ne puissent pas lui demander pardon ? La question mérite d’être posée.

Nous, Africains, n’avons pas le droit de nous tromper de cible, ce n’est pas le Blanc qu’il nous faut viser, mais le système d’exploitation et de domination mis en place par les Blancs, c’est le système qu’il nous faut combattre. Si l’Afrique est le berceau de l’humanité, j’aimerais qu’elle soit aussi le berceau de la dignité humaine. Ce sont-là les valeurs auxquelles je suis profondément attaché.
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