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  • 09 novembre 2015 - 08:20
  • laurence villoz 4344 signes
Eglises

L’exécutif de l’Eglise réformée vaudoise résiste à plusieurs postulats de défiance

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Le Conseil synodalRéuni en synode les 6 et 7 novembre, les délégués de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud ont classé sans suite trois postulats qui visaient à modifier la structure du Conseil synodal. L’un d’eux proposait notamment que le président soit un laïc, plutôt qu’un ministre.

Photo: Le Conseil synodal

Par Laurence Villoz

«Est-il normal que des règles instituées par l’Eglise ne s’appliquent plus quant il s’agit du Conseil synodal? Est-ce que notre Eglise est en train de devenir de plus en plus clérical?», a demandé Jean-Luc Crisinel, délégué au synode de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) et dépositaire avec une dizaine de membres de trois postulats proposant de modifier la structure du Conseil synodal, lors du synode qui s’est déroulé les 6 et 7 novembre dernier, au Palais de Rumine, à Lausanne.

Deux requêtes concernaient directement le poste du président du Conseil synodal, à savoir «qu’il ne puisse pas avoir un mandat de plus de 60%, qu’il soit un membre laïc, comme dans les autres conseils exécutifs, tels que les conseils paroissiaux et les conseils régionaux» et qu’il ne puisse pas présider un organe supracantonal telle que, par exemple, la Conférence des Eglises réformées de Suisse romande (CER), comme c’est le cas de l’actuel président, le pasteur Xavier Paillard.

«Le but n’est pas de viser des personnes. De toute façon, s’il y a des changements, ce ne sera pas avant les prochaines législatures», a précisé Jean-Luc Crisinel. «Et comment améliorer les prochaines législatures si on ne pose pas des questions pendant la législature en cours», a demandé Suzette Sandoz, également dépositaire des postulats. «Si c’est une simple question de procédure, pourquoi la poser maintenant. Nous avons l’impression qu’il y a une défiance par rapport à l’autorité actuelle», a réagi la vice-présidente du Conseil synodal Pascale Gilgien, en charge du dossier.

Garder un pied dans les paroisses

Dans le premier postulat, les signataires ont proposé que les trois ministres consacrent ensemble un pourcentage de temps inférieur à celui des quatre membres laïcs. Le Conseil synodal est constitué de sept personnes pour un équivalent temps plein (ETP) de 400%, le taux de travail des ministres s’élève actuellement à 210%, contre 190% pour les laïcs. «Les ministres du Conseil synodal devraient conserver une part de ministères. Au vu de la pénurie de pasteur, est-ce une bonne idée qu’ils deviennent des cadres administratifs?», s’est interrogé Jean-Luc Crisinel.

Une proposition qui a fait réagir la déléguée Hélène Kung, responsable du Centre social protestant du canton de Vaud: «un ministre n’est pas moins un ministre quand il travaille au Conseil synodal ou dans des associations, plutôt qu’en paroisse. Nous sommes complémentaires». «Le synode doit réaliser que l’avenir n’est pas une Eglise centrée dans les paroisses. La paroisse a encore, sans doute, un avenir, mais elle doit être articulée avec d’autres lieux d’Eglises», a souligné Laurent Zumstein.

Si les trois postulats ont été classés sans suite par une large majorité de délégués, un débat de fonds a précédé le vote à bulletin secret demandé par les signataires. «Une pratique extrêmement rare», a souligné Pascale Gilgien. «Il ne s’agit pas de refuser la remise en question. Mais nous pensons qu’il y a une mécompréhension de notre façon de travailler, nous avons tous les mêmes responsabilités au sein du Conseil synodal», a-t-elle ajouté.

Le Conseil synodal, exécutif et employeur

Depuis 2007, le Conseil synodal assume le rôle d’employeur pour les ministres et les laïcs salariés de l’EERV, une fonction qui était précédemment à la charge de l’Etat de Vaud. A la suite de plusieurs licenciements en 2014, a été créé un groupe de travail du synode qui vise à modifier le règlement pour une meilleure protection des employés.

«Ces postulats révèlent des craintes sur le fait qu’une personne puisse prendre le pouvoir», a relevé un membre de l’assemblée. «On nous propose trois remèdes sans nous expliquer la maladie», a ajouté un autre. «Est-ce une manœuvre politique pour tendre un croche-pied au président?».

Parmi les autres thématiques abordées lors de cette rencontre, le synode a demandé au Conseil synodal d’avoir des contacts réguliers avec la Haute école de théologie (HET Pro) et qu’une délégation de cette future école soit invitée à une prochaine session. Par ailleurs, les délégués ont accepté une subvention de 200'000 francs à l’Espace culturel des Terreaux pour la saison 2017-2018. Le budget 2016 a également été accepté. Il présente un excédent de charges de 378'900 francs sur un total de 42,8 millions. «La tendance est légèrement meilleure que les années précédentes», a souligné le conseiller synodal Jean-Michel Sordet, en charge des finances.

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