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  • 05 octobre 2015 - 08:15
  • Joël Burri 3258 signes
Economie

Le franc fort conduit le Conseil œcuménique des Eglises à une réduction de personnel

Une partie du personnel du COE en mars 2015 ©COE/Albin HillertLe Conseil œcuménique des Eglises va procéder à une réduction d’effectifs. Si actuellement 115 personnes travaillent pour l’ONG à Genève, ce nombre sera réduit de huit. La revalorisation du franc serait à l’origine des difficultés financières de l’organisation.

Photo: ©COE/Albin Hillert

Par Joël Burri

Le Conseil œcuménique des Eglises (COE), qui regroupe la plupart des Eglises orthodoxes, un grand nombre d’Eglises anglicanes, baptistes, luthériennes, méthodistes et réformées, ainsi que de nombreuses Eglises unies et indépendantes, soit 500 millions de croyants, est touché de plein fouet par le renchérissement du franc suisse. En effet, l’organisation basée à Genève vit des contributions des quelque 345 Eglises membres issues d’une bonne centaine de pays et territoires, mais paie son personnel en francs suisses.

Dans une interview diffusée sur le site web du COE, Olav Fykse Tveit, secrétaire général de l’organisation, explique qu’après avoir procédé tout au long de 2015 à différentes économies telles que le gel de postes vacants et des réductions des «dépenses de mise en œuvre», le COE avait atteint son potentiel d’économie. Pour 2016, il faudra également procéder à des réductions de coûts de personnel. «Durant cette année et la suivante, il y aura plusieurs départs à la retraite ainsi que plusieurs fins de contrat déjà annoncées. Certaines de ces places ne seront pas repourvues, et les responsabilités qui leur incombent seront prises en charge par des collègues. La mesure touchera l’entier du personnel du COE, direction et gestion de programmes, inclus.» Seuls certains postes indispensables à l’accomplissement des tâches du COE seront repourvus, mais chaque cahier des charges fera l’objet d’une révision.

Le 15 janvier 2015, la Banque Nationale suisse a annoncé qu’elle abandonnait sa politique dite «du taux plancher» qui consistait en des achats massifs de devises étrangères pour empêcher le franc suisse, valeur refuge, de se revaloriser. Depuis 2011, cette mesure de soutien à l’économie d’exportation suisse garantissait qu’un euro ne s’achète pas à moins de 1fr20, soit environ 83 centimes d’euro par franc suisse. Dans les minutes qui ont suivi cette annonce surprise, la devise suisse s’est revalorisée de 30% avant de se stabiliser autour de la parité euro/franc. Aujourd’hui, l’euro flirte avec les 1fr10, soit 91 centimes d’euro par franc.

Situation plus difficile pour les organismes religieux

D’autres organisations internationales ou non gouvernementales de la Genève internationale sont-elles touchées? Guy Mettan, député, directeur du Club suisse de la presse et grand connaisseur de la Genève internationale déclare n’avoir «rien entendu de dramatique pour l’instant par rapport au franc fort. Il n’y a pas de débandade. Mais il est certain que cela a un effet déprimant sur les budgets des organisations internationales et des ONG, libellés en dollars. On est dans la même situation qu’après la crise du début des années 2000, avec un tassement de l’activité, mais je ne crois pas à une régression massive même si la situation est plus difficile pour les organismes religieux. Mais c’est dû à d’autres raisons telles que désaffection et baisse générale des recettes.»

L’an passé, c’est la Communion mondiale d’Eglises réformées (CMER) qui a quitté Genève pour Hanovre en Allemagne. Outre la volonté d’échapper aux fluctuations du taux de change, la CMER mettait alors en avant la cherté de la cité de Calvin. Elle visait un potentiel d’économie de 20% en optant pour la Basse-Saxe.

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