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  • 05 juin 2014 - 09:15
  • Joël Burri 6595 signes
Eglises

Le Synode de l’Eglise neuchâteloise défend les salaires «solidaires» des ministres

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169e Synode de l'EREN  à Peseux (job)Le rapport du Conseil synodal sur la politique salariale a été refusé par le Synode réuni mercredi 4 juin à Peseux. Une première version de ce projet avait subi le même sort en 2012.

Par Joël Burri

Personne ne conteste la nécessité de modifier le système de rémunération en place dans l’Eglise évangélique réformée du Canton de Neuchâtel (EREN), mais, mercredi à Peseux, pour la deuxième fois, le Synode (organe délibérant) à refusé lors du vote d’entrée en matière un rapport à ce sujet du Conseil synodal (exécutif).

Le projet présenté par le Conseil synodal visait plusieurs objectifs: permettre une plus grande attractivité des postes de l’EREN, en particulier des fonctions dirigeantes, disposer d’une grille salariale unique pour tout le personnel et le «désenchevêtrement» du salaire et des loyers pour les postes avec logement de fonction.

Le Conseiller synodal Pierre Bonanomi avait pourtant insisté sur le fait que ce projet «représente un tout qui a sa cohérence» et que toute modification mettait en péril l’édifice. Mais les députés au synode, dont un tiers de pasteurs et diacres, ne l’ont pas entendu de cette oreille.

Oui, la question de l’enchevêtrement des loyers des cures et des salaires est préoccupante: les nouvelles normes fiscales prévoient, en effet, que les avantages en nature sont imposables. La situation des ministres de l’EREN qui occupent un poste avec obligation de résidence n’est donc plus conforme puisqu’ils bénéficient de loyers largement en dessous des prix du marché. Le conseil synodal proposait donc de leur accorder une augmentation salariale couvrant l’augmentation de loyer. Mais pour les députés, «il ne faut pas voir la politique des cures comme un effet collatéral de la grille salariale, mais comme problème en soi.» Le pasteur Florian Schubert de Neuchâtel a ainsi rappelé qu’une «cure, ce n’est pas le logement du pasteur, c’est une ambassade de l’Eglise. J’y organise des séances, j’y invite des personnes à manger. J’estime que ce n’est pas ma cure, mais celle de l’Eglise.»

Rendre l’Eglise attractive

Mais, c’est sur la grille salariale en elle même que les résistances ont été les plus fortes. Depuis 2005, l’EREN applique une grille commune pour tous ses pasteurs et diacres. Les traitements du reste du personnel reposent sur une grille plus classique basée sur la fonction. Afin d’augmenter l’attractivité de l’EREN, qui offre à ses pasteurs des salaires parmi les plus bas des Eglises réformées de Suisse, le Conseil synodal proposait une grille commune à tout le personnel tenant compte de la fonction occupée et des compétences requises. Celle-ci aurait en particulier permis de rendre plus attractives les fonctions dirigeantes de l’administration cantonale. Alors qu’en quelques mois, plusieurs cadres de l’administration de l’Eglise ont démissionné, Pierre Bonanomi a rappelé la chance que l’EREN a eu de pouvoir les remplacer «aujourd’hui, il faut pouvoir les garder. En tant que responsable d’une entreprise, je sais combien le personnel indispensable peut se voir régulièrement proposer d’autres offres d’emploi.»

Mais plusieurs députés ont fustigé ce rapport «issu de l’ancien régime avec sa logique managériale», en effet le Conseil synodal a été fortement renouvelé l’an passé et seul un membre actuel avait participé à l’élaboration de la première mouture de ce projet présentée, et refusée, par le Synode en 2012. L’accusation faite à l’ancien Conseil synodal d’avoir mené une gestion managériale plus que spirituelle est, par ailleurs, également ressortie, en fin d’après-midi, lors d’un bref débat visant le toilettage du Règlement général visant à faire disparaître la mention de «responsable de ministères» au profit de «responsable des ressources humaines».

Conserver des salaires solidaires

Les députés, y compris plusieurs ministres, ont montré leur attachement à la politique de salaire unique en place depuis 2005. Philippe Kupfer a ainsi déclaré «Gardons cette particularité qui nous honore: cette grille salariale qui dit la solidarité des ministres dans une tâche commune!» Et le pasteur Florian Schubert a déclaré: «J’ai été formé à Bâle et j’y aurais été mieux payé. Mais ce qui m’a attiré à l’EREN, c’est que j’y ai vu une solidarité que je n’ai jamais ressentie dans une autre Eglise.» Avant de déclarer: «Quand j’ai appris que les membres du “4x4” (cadres des services centraux de l’EREN) seraient mieux payés que nous les pasteurs, je n’ai pas entendu que leur travail était revalorisé, mais que le notre était dévalorisé.»

En début de débat, le pasteur Yves Bourquin avait invité les députés à ne pas accepter ce rapport «par lassitude», il a été largement suivi puisque par 28 voix contre 6 et 8 abstentions, l’entrée en matière a été refusée.

 


Un synode extraordinaire pour l
es comptes 2013

En raison de l’absence prolongée pour maladie de la responsable du secteur des finances de la Caisse centrale, «les comptes 2013 n’ont pas pu être bouclés dans les délais», explique le Rapport du Conseil synodal qui proposait une présentation des comptes lors du synode de décembre, en même temps que le budget 2015. Le synode a marqué un certain agacement quant à cette situation: «il n’est pas admissible qu’il n’y ait pas deux personnes à même de mener cette tâche», a fustigé un député regrettant un certain manque de polyvalence. L’organe délibérant a finalement demandé l’organisation d’un synode extraordinaire en septembre.

 

«Vendez tous ces temples»

Les temples pèsent lourd dans les finances de la paroisse de La Chaux-de-Fonds! Si ailleurs dans le canton, les communes sont propriétaires des édifices, dans la cité horlogère, la paroisse porte seule la charge des temples. Faisant face à un déficit annuel qui dépasse régulièrement les 100’000fr, les Chauds-de-Fonniers, demandaient la mise en place d’un système de péréquation financière entre paroisses. Malgré la crainte exprimée d'ouvrir une  «boîte de Pandore» qui risque de les emmener dans «8 à 10 ans de débats», par 21 voix contre 16 et 4 abstentions, la motion a été prise en compte. Le Conseil synodal devra plancher sur la question. Le pasteur Didier Wirth a profité de ce débat pour donner un conseil qui lui venait du fond du cœur: «Je vous encourage à tout vendre pour financer la construction d’un centre ecclésial plus adapté à une vie paroissiale moderne», sur le modèle de ce que font les Eglises libres, avec plusieurs salles, des w.c. et une cuisine.
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