• 06 novembre 2012 - 06:31
  • Tania Buri 4636 signes
Société

FEPS: L’avortement n’est pas une affaire privée

femme-triste-bisLa Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) rejette l’initiative populaire «Financer l’avortement est une affaire privée». La société porte une part de responsabilité dans un avortement, déclare la Fédération des Eglises dans la brochure qu’elle a remise le 1er novembre à la Commission fédérale de la sécurité sociale et de la santé publique.

La Fédération des Eglises protestantes de Suisse rejette la demande de l’initiative populaire « Financer l’avortement est une affaire privée », de supprimer la prise en charge par l’assurance maladie des coûts d’une interruption de grossesse.

Des difficultés familiales, sociales et économiques peuvent menacer la vie de la femme au point de l’exposer à une « mort sociale ». Ici c’est la société tout entière qui porte une responsabilité. Aussi longtemps que nous organiserons notre société de telle sorte que des femmes, du fait d’une grossesse, se trouvent dans une situation de détresse existentielle, nous aurons une part de responsabilité face à la détresse des femmes et à l’avortement.

A charge de l'assurance de base

Précisément parce que l’avortement porte atteinte à une vie en devenir, il ne doit pas être rejeté dans la sphère privée. L’avortement n’est pas une affaire privée. La Fédération des Eglises considère donc juste que l’assurance maladie prenne en charge les coûts d’un avortement lorsque des femmes enceintes se trouvent dans une situation de détresse sociale. La privatisation du financement de l’avortement serait un premier pas vers la privatisation des avortements.

C’est en ouvrant des perspectives de vie et non en infligeant des sanctions que l’on peut empêcher les avortements. La Fédération des Eglises plaide pour une société prête à accueillir des enfants. Celle-ci doit créer les conditions cadres qui permettent aux femmes de considérer positivement la maternité. Les Eglises soutiennent cet objectif à travers l’assistance spirituelle, les services diaconaux et des offres concrètes d’aide dans les paroisses.

En mai dernier, le Conseil fédéral rejetait cette initiative, sans y opposer de contre-projet. Elle devrait être soumise au peuple au plus tôt fin 2013. (comm./tb)



Gottfried Locher:
« En Suisse, l'oecuménisme officiel est en crise »

Les délégués de la FEPS sont réunis en assemblée lundi et mardi à Berne. Son président Gottfried Locher a évoqué la crise de l’œcuménisme entre protestants et catholiques. Il invite en revanche les réformés à s'investir dans l'œcuménisme intra-protestant.

« Les  deux grandes Eglises dans notre pays sont en désaccord. Ne pas se reconnaître en tant qu’Eglise et ne pas avoir de but commun pour l’unité: voilà la crise de l’œcuménisme », a dit Gottfried Locher lundi au Rathaus de Berne. Le président de la FEPS s'exprimait devant les quelque septante délégués des 26 Eglises de la Fédération. Le pasteur bernois a parlé en langage clair de l’œcuménisme officiel protestant-catholique. Celui-ci traverse « sa phase la plus difficile depuis le début du mouvement œcuménique. »

« Concentrons nos forces sur l’œcuménisme intra-protestant », a-t-il poursuivi. Les Eglises de la Réformation partagent une conception de l’Eglise, du ministère et de la Cène. Et les différences ne séparent pas les Eglises, elles sont stimulantes. A l’intérieur de l’Europe, il faut renforcer la Communion d’Eglises protestantes en Europe (CEPE). Et dans le monde entier, les Eglises suisses trouvent un foyer dans la Communion mondiale d’Eglises réformées CMER.

Une présidente soleuroise
L’œcuménisme entre catholiques et réformés ne doit pas pour autant être abandonné, selon Gottfried Locher. « Nous avons besoin les uns des autres. » Mais il s’agit de prendre au sérieux ce qui ne va pas: « l’unité institutionnelle, l’Eglise catholique protestante ». Il faut donc un changement de perspective, a-t-il plaidé.

Par ailleurs, l’Assemblée des délégués (AD) de la FEPS a élu Verena Enzler à sa présidence pour la législature 2013-2014. La juriste et présidente du Conseil synodal de l’Eglise réformée évangélique du canton de Soleure était depuis 2011 vice-présidente de l’AD, le parlement de la Fédération. Membre du bureau du Synode de l'Eglise Berne-Jura-Soleure, Jean-Marc Schmid a été réélu à la vice-présidence. Quant à Daniel Reuter, membre du Conseil de l’Eglise réformée évangélique de Zurich, il accède à la vice-présidence. (comm./sr)

 

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